
Le retour du Cavaliere - Falstaff au TCE
Jean-Charles Hoffelé
Production pratique plus qu’inspirée, c’est certain, même si l’on aime le petit côté Dickens de la Jarretière. Mais Mario Martone dirige ses chanteurs tout en leur laissant un subtil espace pour inventer leurs personnages ; c’est bien l’avantage principal du spectacle : éviter toute caricature.
On regrettera vainement qu’une fois encore Falstaff soir chanté par un baryton, mais qui en dehors d’Ambrogio Maestri, pourrait être de voix et de physique tout Falstaff ? Anthony Michaels Moore a l’abdomen modeste, il ne charge pas le Cavaliere, lui donne une profondeur mais aussi une simplicité, quelque chose de moderne en somme. Contre la tradition il refuse le buffo sans tomber dans les excès d’un Falstaff sérieux, voire philosophe comme l’avaient imposé Giulini ou Abbado à leurs interprètes.
Face à lui Jean-François Lapointe campe un Ford prodigieux, amère, furieux, mais fuyant la caricature pour augmenter la puissance du caractère. Ladres parfaits, commères toujours aussi enjouées, avec au sommet une révélation, la Nanetta de Chen Reiss, et une confirmation, la Quickly irrésistible d’à propos et de faconde de Marie-Nicole Lemieux, la Meg Page de Caitlin Hulcup restant effacée autant que brille plus par le jeu que par la voix la Alice Ford d’Anna Caterina Antonacci. Lorsque Paolo Fanale trouve enfin son émission pour « Dal labbro il canto », il est simplement magique, élégant et touchant à la fois.
On regrettera vainement qu’une fois encore Falstaff soir chanté par un baryton, mais qui en dehors d’Ambrogio Maestri, pourrait être de voix et de physique tout Falstaff ? Anthony Michaels Moore a l’abdomen modeste, il ne charge pas le Cavaliere, lui donne une profondeur mais aussi une simplicité, quelque chose de moderne en somme. Contre la tradition il refuse le buffo sans tomber dans les excès d’un Falstaff sérieux, voire philosophe comme l’avaient imposé Giulini ou Abbado à leurs interprètes.
Face à lui Jean-François Lapointe campe un Ford prodigieux, amère, furieux, mais fuyant la caricature pour augmenter la puissance du caractère. Ladres parfaits, commères toujours aussi enjouées, avec au sommet une révélation, la Nanetta de Chen Reiss, et une confirmation, la Quickly irrésistible d’à propos et de faconde de Marie-Nicole Lemieux, la Meg Page de Caitlin Hulcup restant effacée autant que brille plus par le jeu que par la voix la Alice Ford d’Anna Caterina Antonacci. Lorsque Paolo Fanale trouve enfin son émission pour « Dal labbro il canto », il est simplement magique, élégant et touchant à la fois.







