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TCE Muti / Concertonet / 15 janvier 2010

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concertonetUn Napolitain à l’heure espagnole

Sébastien Gauthier

Depuis plusieurs décennies, pour notre plus grand plaisir, l’équation «Riccardo Muti + Orchestre national de France = triomphe assuré» est devenue une habitude. Aussi ne doit-on pas s’étonner qu’il en ait été ainsi une fois encore, la phalange parisienne et le chef napolitain ayant été ovationnés comme rarement par un public en délire, qui avait rempli le Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au dernier strapontin. Il faut dire que, comme à l’accoutumée, Riccardo Muti avait concocté un programme original (sinon dans les œuvres choisies, du moins dans la trame souhaitée) qu’il a dirigé en alternant à souhait la poigne et l’effacement, laissant alors l’orchestre jouer de façon parfaitement autonome.

Cette soirée se voulait un hommage à la musique espagnole. Elle commença, de façon assez évidente, par l’emblématique Espana d’Emmanuel Chabrier (1841-1894), rhapsodie inspirée de thèmes ibériques qu’il avait entendus l’année précédente au cours d’un séjour en Espagne. L’excellence de l’orchestre (que l’on constate toujours lorsqu’il est conduit par des baguettes d’exception) frappe immédiatement: diversité des couleurs, suavité des cordes, précision des attaques chez les bois… D’emblée, on est à la fête!

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TCE Muti / Resmusica / 15 janvier 2010

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resmusica
Danses espagnoles

Jean-Baptiste de La Taille


C’est à un programme de danses, inspirées par l’Espagne et l’Argentine, que nous conviaient l’Orchestre National de France et Riccardo Muti, le chef italien entretenant depuis trente ans une relation fidèle avec la formation parisienne.

Le concert débutait par Espana de Chabrier, rhapsodie symphonique et fruit de la fascination du compositeur pour les mélodies et rythmes des danses ibériques : la jota d’Aragon et la malaguena d’Andalousie. Les pupitres de l’orchestre, sous la direction fiévreuse de Muti, sont bien mis en valeur, notamment les cuivres, dans cette musique à la fois brillante et sensuelle.

Traversée de l’Atlantique avec la deuxième pièce au programme, le Concerto pour harpe de Ginastera, qui marquait les débuts en France, avec orchestre, de Xavier de Maistre. Premier musicien français admis au sein de l’Orchestre Philharmonique de Vienne (1998), le harpiste fait également depuis quelques années une belle carrière de soliste et d’accompagnateur (Barbara Bonney, Bo Skovhus, Diana Damrau, Bernarda Fink…). Dans cette œuvre créée par Nicanor Zabaleta en 1965, on est loin de l’image de la harpe, instrument pour jeunes filles de bonne famille. La musique est particulièrement tonique, avec un pupitre important de percussions et de cuivres, la harpe, qui dialogue avec l’orchestre -mais parfois lutte aussi- étant pour l’occasion légèrement amplifiée. On remarque dans l’écriture l’influence du folklore latino américain, mais aussi de Bartok, Falla ou Stravinsky. La partie de soliste, magnifiquement défendue par Xavier de Maistre, met en valeur toutes les ressources de l’instrument : percussif (poings frappés sur la caisse de résonance…), délicat (cordes effleurées…), ou virtuose (grands arpèges, glissando…), notamment dans le long solo du dernier mouvement. Pour la plus grande joie du public, Xavier de Maistre offre en bis une transcription de la danse de La Vida Breve de Manuel de Falla, faisant une parfaite transition avec l’œuvre suivante, des extraits du Tricorne.

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TCE Muti / ClassiqueInfo / 14 janvier 2010

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classiqueinfoProgramme espagnol par l’ONF, loin de l’Espagne, et sans la saveur

Thomas Rigail


Programme d’espagnolades pour l’Orchestre National de France : entre tubes rebattus et exotisme décadent (avec un peu de De Falla certes, mais seulement pour une courte suite), il faudrait une sévère touche de légèreté pour rendre digeste un programme qui aime flirter avec le mauvais goût ; pas sûr que le chef méga-star invité Riccardo Muti soit le plus à même de relever cette difficile mission.

Durant España de Chabrier, Riccardo Muti oscille entre mimiques de comédien et absence totale de geste, indiquant qu’il laisse l’orchestre jouer seul cette pièce rebattue qui a le mérite de donner le ton : PLOUM PLOUM.

Pourtant, le concerto pour harpe de l’argentin Alberto Ginastera évitera le piège du folklorisme facile. Dans une écriture tonale accessible mais sans fadeur, pimentée de quelques effets contemporains - agrégats de vents, harmoniques et coups sur le bois de l’instrument -, l’œuvre affiche un bel équilibre entre l’intégration de structures rythmiques et d’évocations locales (une harpe qui s’inspire ponctuellement du jeu de la guitare, des percussions finement employées, des motifs modaux...) et une écriture dans le prolongement de celle d’un Bartók - notamment dans un deuxième mouvement qui rappelle fortement le troisième mouvement de la Musique pour cordes, percussion et célesta. Le harpiste Xavier de Maistre affiche une belle maitrise des nuances et des effets de la partition, en particulier dans la belle cadence qui ouvre le troisième mouvement. L’orchestre suit avec un beau niveau technique mais la direction de Riccardo Muti peine à donner une direction globale à une forme qui fonctionne par oppositions. Plutôt que de tirer la partition vers une affirmation du sens général ou une mise en valeur de ses particularités, Muti tend à renforcer ses faiblesses formelles. Le troisième mouvement manque également un peu de verve dans l’accompagnement : c’est correctement donné mais cela aurait pu être beaucoup plus exaltant. Et les chaleurs de cette musique n’auront pourtant pas gagné le Théâtre des Champs Elysées sur lequel s’est vraisemblablement abattue une épidémie de pneumonie qui l’a transformé en sanatorium durant toute la durée de l’œuvre, qui reste un agréable moment un milieu d’un programme convenu, programme qui pataugera en deuxième partie de concert.

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TCE Gatti / Concertclassic / 7 janvier 2010

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concertclassic

Entre ombre et lumière

Michel Le Naour


Pour son premier concert de l’année 2010 avec l’Orchestre National, Daniele Gatti propose un programme où la Suite de L’Oiseau de feu de Stravinski voisine avec le Concerto pour violoncelle et orchestre de Saint-Saëns, interprété par Tatjana Vassiljeva, et la Symphonie n° 5 de Chostakovitch.

Attaché à la sensualité du son, d’une énergie contagieuse, le chef italien, sans toujours réussir à peaufiner les transitions de l’ouvrage de Stravinski (dans la version révisée de 1919), parvient toutefois à une cohésion d’ensemble qui trouve son aboutissement dans un Finale conduit de main de maître. La maîtrise est aussi la qualité de la violoncelliste russe Tatjana Vassiljeva qui joue le Concerto op. 33 avec autorité, justesse, bien que sur le plan stylistique un vibrato un peu excessif éloigne d’un certain raffinement français. L’accompagnement de Gatti sait se faire discret quand il le faut pour ne pas couvrir l’absence de puissance d’un instrument (le Stradivarius Vaslin de 1725) qui manque quelque peu de projection, mais pas de finesse comme le prouve le bis (Prélude de la Suite n° 1 de J.S. Bach).

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Le trait de la série Episode 4

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Comme il me l'a été demandé sur le forum, je vais revenir brièvement sur les Métaboles de Dutilleux, et son solo en pizz. Techniquement pas trop compliqué, la difficulté réside essentiellement dans la qualité du son produit pour ressortir (sans transformer le texte en pizz Bartok!), et dans le fait de devoir bien suivre, car le tempo peut être assez fluctuant, il faut donc garder en permanence un bon oeil sur la baguette...

Solo_Metaboles


Je veux ensuite revenir sur une oeuvre délicate jouée le 5 novembre dernier sous la direction de Sir Colin Davis. Harold en Italie d'Hector Berlioz, avec Sabine Toutain à l'alto. Comme souvent dans ses oeuvres, la mise en place est très difficile, il faut toujours savoir quoi écouter pour arriver à coordonner l'ensemble. Rajouté à cela de nombreux passages qui présentent plus ou moins de difficultés instrumentales et vous obtenez quelque chose qui peut facilement décevoir. L'entame de cette symphonie est un moment important pour les cordes graves:

Harold1

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