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Actualité par Stéphane Logerot
I nclassicable !
Quai n°5 et la chanteuse Juliette se sont posé une question : quelle aurait été la peinture de Rembrandt ou de Vélasquez s’ils étaient nos contemporains ? La musique de Mozart ou Bach s’ils avaient été cubains ou tchèques ? L’œuvre d’un Victor Hugo né en Russie ou d’un Shakespeare argentin?
Avec leur spectacle « Un train peut en cacher un autre… », les artistes de Quai n°5 et Juliette, qui signe la scénographie, nous proposent une réponse possible et subtile à cette question, orchestrée par les compositions originales de Stéphane Logerot, inspirées de thèmes célèbres de Bach, Mozart, Chopin, ou encore Tchaïkovski.
Solistes et chambristes renommés, les musiciens de Quai n°5 partagent la même envie de faire éclater les frontières de la musique et mélangent les cultures et les siècles, les mélodies et les rythmes, dans un brillant jeu de trompe-l’oreille avec un humour contagieux et un plaisir évident.
Surprise !
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L’alizé musical souffle à nouveau sur la capitale
Virginie Palu
Est-ce la venue parisienne du chef italien Daniele Gatti (qui prendra les rênes de l’orchestre dès septembre), l’annonce d’un programme dont la magnificence n’aurait eu d’égale que la rareté (au moins dans les salles parisiennes), ou encore la participation du brillant soliste russe Nicolaï Lugansky, qui expliquaient le déplacement de tant de monde ce jeudi soir, avenue Montaigne ? Toujours est-il que c’est dans une salle comble que s’élevèrent les premières notes de la Symphonie de psaumes d’Igor Stravinsky, dans une interprétation dont il serait tentant d’évoquer la réussite miraculeuse si l’on ne savait, par expérience, qu’en la matière, il n’est point de miracle. Que serait le génie du compositeur, fût-il l’un des tout premiers de son siècle, si des interprètes virtuoses - instrumentistes et choristes égaux dans l’excellence - placés sous la direction d’un chef particulièrement inspiré, n’engageaient leur talent émérite et leur scrupuleuse énergie à exalter la puissante beauté de ses combinaisons instrumentales, la grandeur dramatique de ses contrastes d’intensité, l’âpre grandeur de ses figures mélodiques, la saisissante rudesse de ses formules harmoniques et contrapuntiques ? Du caractère incantatoire, rituel, magique, de cette mosaïque sonore, rien ne rendit mieux compte que le silence sacré, respecté entre les mouvements par une foule hypnotisée, conquise, fascinée… au point qu’en son sein les tousseurs d’occasion et d’habitude allèrent jusqu’à oublier de se manifester !
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Quand les Français osent Bruckner au Musikverein
Jean-Christophe Le Toquin
Dans la mythique salle du Musikverein, Kurt Masur donne, cette année, avec l’Orchestre National de France un cycle de symphonies de Bruckner, ainsi que l’intégrale des concertos pour piano de Beethoven. Défier les Viennois dans « leur » répertoire et dans le lieu où ils ont l’habitude d’entendre le Philharmonique de Vienne, il fallait oser. Une audace rendue possible par l’autorité musicale de Kurt Masur. Il fit salle comble. Le public était venu nombreux écouter le concert debout au fond de la salle, les places au dessus de l’orchestre - qui offrent une vue sans doute magnifique sur les rangs de spectateurs mais pas sur les musiciens – avaient toutes trouvé preneurs, et des chaises avaient même été ajoutées pour le public sur le podium pourtant relativement exigu.
Till Fellner ouvrait le programme par le Concerto pour piano n°3 de Beethoven. Né à Vienne en 1972, ce pianiste à l’allure juvénile s’attacha à donner le cachet de respectabilité et de maintien guindé qui convient à sa ville. Grâce à cette modération - une sobriété dont Fellner ne se départ pas non plus en récital - il n’y eut à déplorer aucun défrisage de brushing, même parmi les fidèles abonnées octogénaires. Ce classicisme viennois de bon ton offrit un très beau moment dans le final du premier mouvement. Le pianiste acheva sa cadence dans un pianissimo de rêve, et l’orchestre assura la reprise et la coda sans rompre la magie. Dans ce moment, le silence absolu de la salle captivée faisait viscéralement corps avec la musique.
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Entre le souffle et la tempête
Pierre-Jean Tribot
Délaissant sa résidence du Théâtre des Champs-élysées et les concerts d’abonnement du jeudi soir, l’Orchestre National de France se présentait, en ce samedi, salle Pleyel pour une soirée qui avait attiré la foule mondaine des grands soirs alléchée par la présence de la charismatique et médiatique Anne-Sophie Mutter. Mais pour le commentateur, l’attraction du programme résidait dans la première audition française de « In Tempus Praesens », le second concerto pour violon de la compositrice Sofia Goubaïdulina. Fruit d’une commande d’Anne-Sophie Mutter, la pièce fut créée au festival de Lucerne 2007 sous la baguette de Simon Rattle à la tête de son orchestre berlinois. Il faut ici saluer le courage et l’engagement de la violoniste allemande dans la création contemporaine car cette nouvelle partition vient à la suite d’autres dont elle est l’initiatrice : Gesungene Zeit de Wolfgang Rihm, Sur un Même accord de d’Henri Dutilleux, la Partita et Chain II de Witold Lutoslawski et le concerto n°2 de Krzysztof Penderecki.
Ce concerto pour violon est le second essai de son auteur après l’imposant Offertorium (1980) dédié à Gidon Kremer. Considéré à raison, comme un jalon important du violon concertant de la seconde moitié du XXe siècle, il s’est imposé au répertoire des grands violonistes. « In Tempus Praesens » frappe par son instrumentation originale. Au sein d’un effectif plutôt large on repère une vaste section de percussions, des tubas wagnériens qui viennent renforcer les cors et l’absence de violons alors que les altos et les violoncelles sont répartis de part et d’autre du chef. Deux harpes, un clavecin, un piano et un célesta apportent ici une couleur inattendue tout en jouant le rôle d’un « continuo ». D’une grosse demi-heure, la partition frappe par la noirceur fascinante de ses teintes et un profond vécu humain. L’esprit évolue à travers un monde sensoriel à la fois apaisé et tempétueux. L’instrumentation, d’une finesse impressionnante, témoigne du talent et de l’inspiration de son auteur alors que la partie de violon se fond dans l’orchestre. La sonorité chaude et la technique hors pair de la soliste contribuent à notre bonheur auditif et Kurt Masur dirige, avec soin, un Orchestre National de France très concerné. En bis, Anne-Sophie Mutter manifestant son amour pour cette partition, nous redonne sa cadence. Il faut noter que l’exécution a été entachée d’un petit incident : le chef et la soliste, décalés dans la partition, ont du interrompre cette création française, pour reprendre quelques mesures plus tôt.
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La victoire de M. Beuh…
Simon Corley
L’Orchestre national et son directeur musical, Kurt Masur, présentaient
– à Pleyel, une fois n’est pas coutume – la première française d’In tempus præsens (2007) de Sofia Goubaïdoulina: vingt-sept ans après l’Offertorium
(autre titre latin) destiné à Gidon Kremer, c’est pour Anne-Sophie
Mutter qu’elle a écrit ce second concerto pour violon. La violoniste
allemande, qui avait déjà suscité le Second concerto de
Penderecki (1995), a créé cette commande de la Fondation Paul Sacher le
30 août dernier à Lucerne avec l’Orchestre philharmonique de Berlin
dirigé par Simon Rattle et l’enregistrera prochainement avec
l’Orchestre symphonique de Londres et Valery Gergiev. La postérité
mettra-t-elle In tempus præsens au même niveau que le splendide Offertorium?
Toujours est-il qu’à soixante-dix-sept ans le 24 octobre prochain,
Sofia Goubaïdoulina ne se repose pas sur sa notoriété et continue de
chercher à se renouveler.
Davantage que l’effectif orchestral proprement dit, c’est sa
disposition qui se veut originale: en l’absence de violons, quinze
altos et douze violoncelles se partagent l’avant-scène de part et
d’autre du chef, chacun de ces groupes étant placé devant quatre
percussionnistes; au centre, deux harpes et un clavecin entourent piano
et célesta; enfin, les bois (par quatre, à l’exception des trois
hautbois), les cuivres (six cors dont trois tuben
wagnériens, trois trompettes, quatre trombones, tuba basse) et les neuf
contrebasses sont alignés sur deux rangs seulement en fond de plateau.
De son précédent concerto, elle ne reprend guère que des éléments de
forme: un continuum de trente-trois minutes, succession d’épisodes
contrastés, encore que deux volets, séparés par une cadence que Mutter
bissera, se détachent assez nettement, le premier d’esprit rhapsodique,
s’achevant sur une puissante confrontation entre le soliste et les
accords répétés de l’orchestre, le second plus vif et brillant, se
concluant sur les aigus du violon et les tintements de la percussion. A
une première audition, l’ensemble donne une impression décousue, les
différentes sections, de caractère tour à tour sombre, rêveur ou
orageux, s’enchaînant sans logique évidente.
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Sous le signe d'Eros
Didier van Moere
Un jour après la Sinfonia domestica par Eliahu Inbal (lire ici), Kurt Masur dirigeait Don Juan.
Les deux œuvres n’affichent pas les mêmes ambitions et leur mise en
place ne saurait se comparer. On ne pouvait s’empêcher cependant de
trouver avec le National l’homogénéité, l’onctuosité que le Philhar’
nous avait refusées la veille. Le poème symphonique du jeune Strauss,
sous la poussée d’un irrésistible élan, brille de mille feux, sans que
les plans sonores soient brouillés, tant le chef tient son orchestre et
construit son interprétation. A vrai dire, il conçoit plutôt la
partition comme une œuvre de musique pure que comme un récit en
musique, n’y mettant peut-être pas toute la folie dionysiaque que
certains en attendent. Masur, on le sait, n’est pas vraiment un
narratif. Cela dit, il fait chanter son orchestre, les cordes graves
comme les vents – très beau hautbois Nora Sismondi, très belle
clarinette de Patrick Messina dans l’épisode de donna Anna –, maintient
un parfait équilibre entre les pupitres – ne cuivrant jamais à l’excès.
Dans le Second Concerto pour cor, composé par un Strauss
de 78 ans, Kurt Masur offre à David Guerrier un accompagnement
subtilement chambriste, tout en souplesse et en fluidité, faisant là
aussi chanter l’orchestre, en particulier dans un très bel Andante.
Le jeune corniste, auquel le choix d’un instrument viennois datant d’un
siècle environ ne se facilitait pas la tâche, s’avère éblouissant de
maîtrise dans la virtuosité ; il parvient surtout, au-delà de la
brillance, à trouver une sonorité chaude et ronde, à varier les
couleurs entre les mouvement rapides et le mouvement lent – condition
essentielle chez Strauss, pour qui le cor est une voix.
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La galerie photos d'ONFBASS a été réorganisée. Toujours trois rubriques y sont présentées (tournées, membres et salles). Désormais le classement des tournées se fait par année. Vous pouvez retrouver les photos ainsi que la fameuse vidéo de la réception donnée par la philharmonie d'Essen lors de notre dernier déplacement directement ici .
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