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Toulouse / Présence / ClassicToulouse.com 18 janvier 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
Les horizons musicaux d’aujourd’hui
Serge Chauzy

Précédés du concert de l’Orchestre du Capitole, les deux manifestations de création musicale de Radio-France constitutives du festival Présences, attiraient, les 18 et 19 janvier un public curieux et enthousiaste, manifestement heureux des découvertes qui lui étaient offertes.

Le 18, l’Orchestre National de France présentait un programme très varié juxtaposant trois créations françaises, dirigées par le jeune chef américain Jonathan Schiffman, une création mondiale et un grand « classique » de la musique dite contemporaine, dirigés cette fois par Kristjan Järvi, jeune représentant d’une célèbre dynastie de chefs d’orchestres estoniens.
Les créations françaises sont nées d’un concours organisé à Shanghai dans la perspective de l'Exposition universelle qui aura lieu en 2010 dans cette ville. Au printemps 2007, trois compositeurs sont sortis vainqueurs de cette compétition artistique qui consistait à écrire une œuvre pour instrument traditionnel chinois et orchestre. « Chant g’haï » de Krystof Maratka, intègre le suona au grand orchestre. Hu Chen-yun, virtuose de cette sorte de trompette à anche, enflamme la vitalité irrésistible de cette courte pièce. Guillaume Connesson et Pascal Zavaro font appel quant à eux à l’ehru, instrument lyrique à une corde, joué ici par la très belle Ma Xuang-hua. Si « Yu Yuan », du premier n’est pas sans évoquer les couleurs ravéliennes de « Daphnis et Chloé », « Danse de Shangaï », du second, est bâtie sur une opposition entre nostalgie et élan rythmique.
C’est la vaste partition « Harmonielehre » de l’Américain John Adams, sorte de référence d’aujourd’hui, qui occupe toute la seconde partie de la soirée. Ruissellement de lumière chatoyante, pulsation constante, irisations et scintillements animent les trois volets de l’œuvre qui explose par instants en emballements telluriques. La citation de la 10ème symphonie de Mahler, l’évocation de la blessure d’Amfortas résonnent comme autant d’émouvants points de repère. Sous la baguette précise et musclée de Kristjan Järvi, l’Orchestre National de France fait des merveilles.

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TCE Harding / ConcertoNet / 11 janvier 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
Surprises d’outre-Manche
Simon Corley


Les Slaves sont à l’honneur cette saison, aussi bien à l’Orchestre de Paris qu’à l’affiche des formations de Radio France: une orientation d’autant mieux venue qu’elle permet comme ici, au détour d’un programme hélas bien court et bizarrement construit, d’entendre des pièces rares. Ainsi, même si Harnoncourt, par exemple, s’y est assez récemment intéressé au disque, tout un volet du corpus orchestral de Dvorak demeure dans l’ombre, bien que pourtant postérieur à son ultime Symphonie «Du nouveau monde»: les quatre poèmes symphoniques de belles proportions (quinze à trente minutes chacun), composés en 1896 d’après les légendes tchèques recueillies par Erben.

Troisième de ce cycle, Le Rouet d’or ne constitue pas une énième variante sur le thème du filage, abondamment illustré au XIXe siècle, de Schubert à Saint-Saëns en passant par Mendelssohn et Wagner: fidèle à l’esprit des ballades d’Erben, il associe la tradition populaire, le fantastique et le drame, dans un style qui évoque parfois le premier Mahler ou même un capiteux postromantisme. Pour sa troisième apparition à la tête de l’Orchestre national de France, Daniel Harding ne s’est pas défait de tous ses tics de direction, notamment une certaine raideur, mais surprend très agréablement, avec des musiciens qui jouent parfaitement le jeu, à commencer par la flûte de Michel Moraguès.

Le chef britannique n’a décidément pas de chance avec ses solistes dans le Premier concerto (1858) de Brahms: voici près de cinq ans, dans un tout autre contexte – l’Orchestre de chambre Mahler (avec un nombre de cordes exactement égal à la moitié de celui du National) – mais en ce même Théâtre des Champs-Elysées, Lars Vogt avait dérouté dans une glaciale déconstruction de l’œuvre (voir ici). Se plaçant dans la tradition historique des pianistes-compositeurs, l’Anglo-australien Stephen Hough s’est principalement fait connaître dans un répertoire aussi marginal que virtuose, tant au concert qu’au disque (voir ici).

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TCE Harding / Le Monde / 12 janvier 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
Brahms asphyxié par Stephen Hough
Marie-Aude Roux

L'arrivée du pianiste Stephen Hough sur une scène de concert a toujours quelque chose de remarquable. Il faut chercher le détail. Cette fois, le sobrissime Britannique arbore une jubilante note verte, celle de mocassins couleur d'élytre de scarabée. Mais la jubilation va s'arrêter là, tant le pianiste est à côté des pompes brahmsiennes. Pouvait-on imaginer un Brahms aussi full metal ? Joué en rafales de mitraillette dans le premier mouvement, le thème lyrique ligoté sur le clavier comme Mazeppa sur son cheval.

Daniel Harding, à l'orchestre, s'acharne à trouver des sonorités brumeuses, voire léthargiques, certaines fort belles d'ailleurs, mais le pianiste n'en a cure. La crispation hystérique le laisse au bord d'un Adagio hors chant, comme étrangement en allé. C'est cette magnifique faculté d'abstraction du musicien Hough qui avait précisément déchaîné notre enthousiasme lors de son dernier récital parisien à l'Auditorium du Louvre (Le Monde du 13 février 2006). Mais dans Brahms on est asphyxié. Le troisième mouvement, Rondo aux allures de toccata, fera l'apologie du cahoteux voire du chaotique. Le regret de Bach et non sa tentation.

Dommage, car le chef d'orchestre britannique, Daniel Harding, aux antipodes, a montré que ses dons de coloriste pouvaient faire merveille. Ainsi dans le rare Rouet d'or, poème symphonique de Dvorak joué en première partie, passionnant de bout en bout.

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TCE Harding / Resmusica / 14 janvier 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
Un concert bien décevant…
Virginie Palu

Fondé sur un recueil de légendes locales du poète Karel Jaromír Erben, célèbre en son pays, le groupe des cinq poèmes symphoniques de 1896 (L’Ondin, La Sorcière de midi, Le Rouet d’or, Le Pigeon des bois, Le Chant du héros) ne constitue peut-être pas le principal titre à la gloire de Dvořák. Les thuriféraires inconditionnels du maître tchèque argueront bien de sa fidélité à l’esprit et au texte d’Erben, mais c’est là un médiocre argument pour convaincre le public mélomane que le Rouet d’or brillerait à jamais au firmament des chefs-d’œuvre de l’histoire musicale : quelques accents de cavalerie, un zeste de réalisme populiste et trois airs de polka d’un Lehár des mauvais jours ne sauraient sans ridicule réclamer leur inscription au marbre de la postérité. Quatre ans avant Rusalka, le compositeur tchèque semble ici – ce qui est son droit le plus strict - moins préoccupé de pure invention musicale que d’incertaine analogie avec le conte épouvantablement sanglant qui a mis son imagination en branle. Au point que les auditeurs du Théâtre des Champs-Élysées pouvaient à bon droit se poser la question d’un tel choix pour le programme d’un concert si flatteusement annoncé par toute la presse spécialisée. Non que la maestria de l’Orchestre National de France soit le moins du monde discutable ; bien au contraire, la relative faiblesse d’une partition disparate ne fit en l’occurrence que signaler l’excellence de sa prestation et la haute valeur de tous ses pupitres. Mais, dans leur disparité rhapsodique, les quelques sept sections de l’ouvrage ne signalaient ni un très haut degré d’exigence musicale ni un très grand souci d’originalité chez celui qui avait choisi de briller en les dirigeant.

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Place aux jeunes Convertir en PDF Version imprimable Email

Ce début d'année 2008 sera placé sous le signe (et la baguette) de la jeunesse. Ainsi, Daniel Harding entamera cette année avec un concert le 10 janvier au Théâtre des Champs-Elysées. Le jeune chef, à la biographie déjà impressionante , pourra alors sans doute y ajouter l'ONF dans les grandes formations qu'il a eu l'occasion de diriger. Il est vrai que sa dernière prestation en avril 2005 avait dû être annulée suite à...un mouvement social.

Au programme nous retrouverons le 1er concerto pour piano de Brahms, interprété par Stephen Hough. Pour les fans du pianiste britannique, sachez que ce concert sera suivi quelques jours plus tard (le 23) d'un récital à l'auditorium du Louvre . Après l'entracte, vous découvrirez sans doute Le Rouet d'Or, poème symphonique de Dvořák, qui fait partie, avec L'Ondin, La Sorcière de midi, et La Colombe sauvage, de ses dernières oeuvres orchestrales.



 
Jeudi 10 janvier 2008 20h00
Théâtre des Champs-Elysées
 
Concert retransmis en direct sur France Musique
 









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Interview Daniele Gatti / La Terrasse / 5 décembre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
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Toulouse Gatti / La dépêche du Midi / 18 décembre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
Gatti défend Mahler avec passion
Anne-Marie Chouchan

Le chef d'orchestre italien Daniele Gatti a rallié tous les suffrages samedi soir à la Halle aux Grains. Acclamé par le public, il a également bien mérité les applaudissements des musiciens de l'Orchestre national de France. Futur directeur musical de cette formation à partir de 2008, Daniele Gatti possède de toute évidence des affinités profondes avec l'univers de Gustav Mahler. Attaquant sa Sixième symphonie avec énergie, il ne lâchera plus l'auditeur pendant les quatre-vingt minutes que dure cette partition intensément dramatique. Survoltée, tendue, techniquement virtuose, sa direction défend avec passion le monde musical exacerbé du compositeur autrichien. En chef lyrique de haut vol, Gatti rend justice à la théâtralité de l'œuvre, prend plaisir à cultiver la plénitude du chant dans les sublimes mélodies de l'Andante. Cet engagement dramatique de chaque instant (conforme au style de Mahler), ne l'empêche pas de mettre en valeur l'incroyable richesse du matériau orchestral utilisé par le compositeur. Les plans sonores, les couleurs propres des divers solos instrumentaux, sont mis en valeur sans excès d'esprit analytique, le final Allegro moderato (sorte de drame musical en un acte) donne à entendre une symphonie de timbres inouïs, portée par tous les pupitres d'un Orchestre national de France chauffé à blanc. Daniel Gatti dirigeait la Sixième symphonie sans partition. C'est tout dire.

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