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TCE Gatti / Concertonet / 15 octobre 2008

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L’héritage musical comme fil conducteur

Sébastien Gauthier


Pour sa première saison en tant que chef titulaire de l’Orchestre national de France, Daniele Gatti a conçu un cycle Brahms/Bartók qui, nous apprend le programme, incarnent tous deux « une certaine conception Mitteleuropa de la musique »... Avant d’entendre notamment les Deuxième et Troisième symphonies ainsi que les Concertos pour piano de Brahms, d’une part, les grandes œuvres orchestrales et concertantes de Bartók, d’autre part, ce concert offrait au public les premières compositions orchestrales d’envergure de ces deux compositeurs.

Les Variations sur un thème de Haendel et les Variations sur un thème de Haydn constituent le sommet des nombreux recueils de variations composés par Johannes Brahms (1833-1897). Bien qu’elles connaissent également une version pour deux pianos (opus 56b), ces dernières sont surtout connues dans leur version orchestrale. Sans que l’on sache avec exactitude si le thème principal est emprunté à un Divertimento attribué à Joseph Haydn (il pourrait s’agir de la Feldparthie en si bémol majeur pour huit instruments à vent), à une Partita en si mineur Hob. II/46 du même auteur (dont l’air principal s’intitule « Choral Saint Antoine ») ou, plus vraisemblablement, à une pièce composée par un de ses élèves, Ignace Pleyel (1757-1831), ces Variations font aujourd’hui partie des passages obligés de tout grand orchestre symphonique. Première composition orchestrale de grande ampleur pour Brahms, ces huit variations se concluent par un final grandiose en forme de passacaille où les caractères du futur symphoniste sont d’ores et déjà affirmés (masse des cordes opposée aux vents où prédominent les flûte et hautbois, succession d’atmosphères où émergent aussi bien l’intimité que la plénitude sonore). Daniele Gatti et un Orchestre national de France en grande forme (mention spéciale à la petite harmonie) prennent cette œuvre à bras-le-corps, rendant parfaitement compte des différents climats voulus par le compositeur, qu’il s’agisse de la douceur dans la quatrième ou du caractère virevoltant dans la sixième.

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TCE Gullberg Jensen / Concertonet / 9 octobre 2008

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Portrait d’un jeune chef pressé

Sébastien Gauthier


Il est toujours réconfortant de constater que le public répond à l’appel de programmes qui, évitant de se cantonner aux classiques habituels, sortent des sentiers battus et proposent des pièces dont l’abord facile n’est pas forcément la première caractéristique. Tel était le cas ce soir où le Théâtre des Champs-Élysées affichait complet pour une envolée vers le nord et l’est de l’Europe musicale.

Les Danses symphoniques sur des motifs norvégiens ne font pas partie des morceaux les plus connus d’Edvard Grieg (1843-1907) mais se rattachent néanmoins à la véritable passion que le compositeur éprouvait pour les mélodies populaires de sa Norvège natale. On en trouve d’ailleurs les traces dans nombre de ses opus, qu’il s’agisse des huit Romances et danses sur des poèmes norvégiens opus 18 pour voix et piano, des chants et danses populaires nordiques opus 17 ou de l’Album for Mandssang pour chœur d’hommes, d’après des mélodies populaires norvégiennes. Les quatre danses symphoniques présentées ce soir, initialement destinées au piano et créées en 1899 dans leur version orchestrale, reposent toutes sur un même schéma mélodique. Sans fioriture aucune, Eivind Gullberg Jensen prend cette partition à bras-le-corps, conduisant les musiciens à s’adapter avec souplesse aux différents climats (la marche triomphale de la première danse précédant le lyrisme entrecoupé d’une danse grinçante de la deuxième, la valse de la troisième cédant la place au burlesque de la quatrième) imposés par une partition parfois taillée à la serpe…

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TCE Gatti / Concertonet / 18 septembre 2008

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Lune de miel
Didier van Moere


Pour son nouveau chef le National a apparemment les yeux de Chimène. On souhaite que cela dure. L’orchestre, en tout cas, faisait plaisir à voir lors de ce concert de rentrée et l’on perçoit que Daniele Gatti a déjà commencé avec lui un travail en profondeur, notamment au niveau des cordes. Il ne porte pas encore tous ses fruits dans la première partie, consacrée à Debussy : on sent que les musiciens vivent une sorte de transition, que le couple se cherche un peu malgré l’enthousiasme qui l’anime. La lenteur du tempo, dans le Prélude à l’après-midi d’un faune, semble gêner un orchestre un peu raide dans ses phrasés et un peu mat dans ses couleurs, jusqu’à la flûte de Philippe Pierlot que l’on aimerait plus ronde et plus sensuelle. Il faudra pourtant s’y faire : le chef adopte parfois des tempos amples – les Italiens ne sont pas toujours les plus rapides, contrairement à ce qu’on pense –, prenant le risque de perdre en tension ce qu’il gagne en profondeur. La Mer a pu surprendre, par une sorte de filiation qui s’établissait avec le Wagner de Parsifal, que Daniele Gatti a dirigé cet été à Bayreuth (lire ici) – aussi lentement, à quelques minutes près, que Toscanini -, notamment la fin de « De l’aube à midi sur la mer », où l’on croit plus que jamais entendre un choral. Une Mer sombre, grave, très pensée, aux couleurs généreuses qui feraient penser à Rimski, dirigée plutôt comme une succession d’instantanés, composant une sorte de cathédrale sonore, à l’opposé d’une certaine tradition française. Il y a là quelque chose d’opulent qui devrait très bien convenir, en avril, au Martyre de saint Sébastien. On est en tout cas plus proche de Barbirolli – dont on a aujourd’hui oublié La Mer et les Nocturnes gravés avec le tout jeune Orchestre de Paris - que de Boulez. Cela dit, on entend tout et ces instantanés sont parfois très beaux, comme le début de « Jeux de vagues », où la mer ondoie et scintille.

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TCE Gatti / Resmusica / 18 septembre 2008

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Une rentrée prometteuse…

Virginie Palu




C’est sur les chapeaux de roue que débute la saison musicale de l’Orchestre National de France. Si Daniele Gatti avait déjà placé la barre très haut, il y a quelques mois dans ce même théâtre voir notre article, il a, une fois encore, séduit son nouveau public parisien en proposant ce jeudi soir une première partie consacrée exclusivement au compositeur emblématique de la modernité musicale, Claude Debussy. Réussite totale, chaque auditeur éprouvant le sentiment de redécouvrir à l’occasion ces deux pages, pourtant bien connues, du maître français. D’abord le Prélude à l’après-midi d’un faune, impressionnant de nuances de couleurs et de raffinements d’orchestration. Ensuite la Mer, dans laquelle le chef exploita toutes les ressources de son orchestre, étirant le temps à son paroxysme pour mieux révéler toutes les subtilités de « Claude de France ».

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Ouverture de la saison 2008/2009

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{xtypo_dropcap}L{/xtypo_dropcap}a saison de l'Orchestre National de France au Théâtre des Champs-Elysées reprendra le 18 septembre prochain. Son nouveau directeur musical, Daniele Gatti, dirigera ce premier concert, qui sera retransmis en direct sur internet, via le site de France3.

Par ailleurs, un reportage sur la préparation de ce concert, ainsi qu'une interview de Daniele Gatti seront diffusés le 19 septembre à 00h20 sur France 3.


{xtypo_rounded2}daniele_gatti.jpgJeudi 18 septembre 2008
Théâtre des Champs-Elysées

Vendredi 19 septembre 2008
Auditorium de Dijon

Claude Debussy : Prélude à l'après-midi d'un faune - La Mer
Olivier Messiaen : Un Sourire [CRF]
Igor Stravinsky : Le Sacre du printemps

Daniele Gatti, direction {/xtypo_rounded2}