Concert patchwork
Olivier Brunel
Programme long et disparate pour ce concert de l’Orchestre national de France au Théâtre des Champs-Élysées pourtant consacré tout entier à Sergeï Rachmaninov, mais qui donne heureusement une occasion de plus cette saison d’entendre le formidable pianiste Boris Berezovsky dans le rare Quatrième Concerto du compositeur russe. Si le programme de ce concert de l’ONF consacré à Rachmaninov se donne bonne conscience en signalant que les trois œuvres au programme « témoignent des doutes existentiels du compositeur », il n’en demeure pas moins un trop long et disparate programme, même pour une soirée consacrée à un seul compositeur, fût-elle soutenue par la Fondation Rachmaninov.
Boris Berezovsky est décidemment très présent à Paris cette saison après ses incroyables Études d’exécution transcendantes de Liszt et quelques séances de musique russe à Pleyel. Et qui s’en plaindrait-il ? Il est toujours impressionnant de voir entrer sur scène ce musicien à l’allure athlétique et décontractée s’asseoir au piano en semblant l’effleurer pour en tirer les plus merveilleuses sonorités dans les œuvres les plus virtuoses. Il n’avait pas la partie facile avec le Concerto n° 4 de Rachmaninov, œuvre de l’exil américain et véritable rareté au concert, si mal accueilli à sa création et sans cesse remis sur le métier par un compositeur qui avait perdu en quittant sa patrie sinon la foi créatrice, du moins l’inspiration facile. Effectivement, on y sent une baisse de la verve mélodique au bénéfice d’une plus grande richesse et fantaisie dans l’écriture rythmique avec sa partie orchestrale nourrie de musique américaine, particulièrement de jazz. Berezovsky, plus que Gianandrea Noseda qui ne semble pas bien guider l’orchestre dans une direction constante, rend justice à cette œuvre qui après maintes révisions est digne de son compositeur.
Boris Berezovsky est décidemment très présent à Paris cette saison après ses incroyables Études d’exécution transcendantes de Liszt et quelques séances de musique russe à Pleyel. Et qui s’en plaindrait-il ? Il est toujours impressionnant de voir entrer sur scène ce musicien à l’allure athlétique et décontractée s’asseoir au piano en semblant l’effleurer pour en tirer les plus merveilleuses sonorités dans les œuvres les plus virtuoses. Il n’avait pas la partie facile avec le Concerto n° 4 de Rachmaninov, œuvre de l’exil américain et véritable rareté au concert, si mal accueilli à sa création et sans cesse remis sur le métier par un compositeur qui avait perdu en quittant sa patrie sinon la foi créatrice, du moins l’inspiration facile. Effectivement, on y sent une baisse de la verve mélodique au bénéfice d’une plus grande richesse et fantaisie dans l’écriture rythmique avec sa partie orchestrale nourrie de musique américaine, particulièrement de jazz. Berezovsky, plus que Gianandrea Noseda qui ne semble pas bien guider l’orchestre dans une direction constante, rend justice à cette œuvre qui après maintes révisions est digne de son compositeur.






