Carte brésilienne
Simon Corley
Sous l’égide de l’ambassade du Brésil, la célébration du cinquantenaire de la disparition de Villa-Lobos est tardive – elle a débuté le jour anniversaire de sa mort (17 novembre) – mais elle culmine sur un grand week-end de concerts à Radio France. L’Orchestre national de France, que le compositeur venait régulièrement diriger dans les années 1950 (les enregistrements parus chez EMI en témoignent), tient une place toute particulière dans cet hommage: c’est lui qui inaugure ce «festival», avec une soirée au profit de l’association «Musique & Santé», et ce sont ses percussionnistes qui donneront le dernier des six concerts, dimanche après-midi.
L’orchestre, en forme moyenne, retrouve la Brésilienne Debora Waldman (née en 1977) qui fut, entre 2005 et 2007, l’assistante du directeur musical d’alors, Kurt Masur, pour la Première suite de La Découverte du Brésil (1937). En 2004, le National avait interprété les quatre Suites sous la direction d’Enrique Diemecke (voir ici). Au lieu de reprendre cette succession décousue d’épisodes pittoresques qui trahit son origine cinématographique, il y avait pourtant, comme le rappelle Frédéric Lodéon, bien d’autres trésors à dénicher dans l’œuvre de Villa-Lobos, ne serait-ce que parmi les Chôros ou les Bachianas brasileiras. Egal à lui-même, il montre ici qu’il a entendu Falla ou même Bartók, mais cette puissance et ce lyrisme n’appartiennent qu’à lui. Il en va de même pour cette orchestration colorée, qui met en valeur un curieux trio entre la flûte, le basson et l’alto, mais aussi, individuellement, le saxophone alto ou le violoncelle, son instrument de prédilection.






