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TCE Masur / Resmusica / 24 septembre 2009

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resmusicaLa main qui allume la torche

Olivier Mabille


Est-ce le plaisir de débuter une nouvelle saison ? L’Orchestre National de France entamait le Concerto pour violon de Brahms avec une rondeur conquérante. Après une entrée dénuée d’emphase, Vadim Repin ne cessait pas de fasciner par l’élégance supérieure de son art, déjà remarquée dans son récent enregistrement, et si précieuse dans une œuvre où la virtuosité ne doit pas éblouir, mais inventer un chant qui paraisse inouï. Pour cette raison, sans doute, la périlleuse cadence due à Jascha Heifetz semblait plus artificielle que l’étirement délicieux de certains passages et la fantaisie constante des phrasés. Plutôt que de dérouler l’Adagio à pleine voix, le violoniste jouait des pleins et des déliés avec une légèreté divine ; puis, sans laisser le public se livrer aux raclements et feulements dont il a le secret, Vadim Repin se jetait dans un troisième mouvement exceptionnel par la finesse des traits, la variété des accents et la fulgurance des trilles. Kurt Masur menait tranquillement l’orchestre, assuré d’une parfaite entente avec le soliste, notamment à la fin de chaque mouvement.

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TCE Masur / Concertonet / 24 septembre 2009

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concertonetDuumvirat

Simon Corley

Rentrée de l’Orchestre de Paris, avec Christoph Eschenbach (voir ici), rentrée du Philhar’ avec Myung-Whun Chung (voir ici), rentrée du National avec Jean-Claude Casadesus dans le cadre de «Présences 2009-2010» à Radio France, puis avec Kurt Masur pour le premier des traditionnels jeudis au Théâtre des Champs-Elysées: cherchez l’erreur!

Le National est le seul des trois grands orchestres parisiens à ne pas reprendre l’année avec son patron, Daniele Gatti. On pourra certes objecter que Masur est le premier, à ce jour, à porter le titre de «directeur musical honoraire à vie» de l’orchestre et même se réjouir de ce que, une fois n’est pas coutume, un ancien directeur musical conserve de bonnes relations avec une formation de la capitale – les conditions dans lesquelles sont partis Maazel et Dutoit du National ou bien Barenboim et Bychkov de l’Orchestre de Paris n’ont évidemment pas créé de précédent comparable. De fait, le temps est ici au beau fixe: à l’issue du concert, Masur sera chaleureusement applaudi par les musiciens et, comme à son habitude, quittera la scène au bras du premier violon solo, Sarah Nemtanu, non sans avoir préalablement embrassé une par une toutes les chefs de pupitres des cordes.

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Corum de Montpellier / Gatti / Resmusica / 16 juillet 2009

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Le National prend ses quartiers d'été

Michèle Tosi



Comme chaque année, dans le cadre du festival, l’Orchestre National de France et son chef titulaire Daniele Gatti étaient venus « s’ensoleiller » à Montpellier ce jeudi 16 juillet. Le concert d’envergure accueillait un invité d’honneur en la présence émouvante du pianiste du Beaux-Arts Trio Menahem Pressler. Après une Pavane de Gabriel Fauré au charme suave dont Daniele Gatti tirait les plus belles sonorités, Menahem Pressler (85 ans!) rejoignait d’un pas alerte le piano pour interpréter l’un des concertos chéri des interprètes (la majeur K. 488) alliant dans ses trois mouvements la grâce et le sublime du discours mozartien. Si les doigts ont perdu de leur agilité, le toucher et la maîtrise du clavier dans l’art de la résonance restent unique chez cet artiste qui atteignait, dans le mouvement lent, avec cette connivence étroite de l’orchestre, la chaire nue de l’émotion… qu’il prolongea d’ailleurs avec le très beau Nocturne op. 20 posthume de Chopin ; puis il referma le piano après ce bis et regagna tout aussi prestement les coulisses!

Daniele Gatti revenait en deuxième partie de concert avec ses cartons de composition sous le bras pour diriger sa propre musique : « Le public sera sans doute surpris parce qu’il me connaît en tant que chef d’orchestre mais je compose pourtant depuis l’enfance » confie-t-il, en précisant tout de même qu’écrire de la musique reste pour lui un divertissement! A ses côtés, l’excellente hautboïste Nora Cismondi avait quitté les rangs de l’orchestre pour servir le Maestro dans le Divertimento pour hautbois solo, deux cors et cordes donné ce soir en version française. Peu d’orientation stylistique dans les trois mouvements très contrastés de l’œuvre - qui évoquent les tournures mélodiques de Britten ou l’énergie rythmique de Bartók - mais un plaisir hédoniste des timbres et de l’alchimie orchestrale dont le chef nous « divertit » l’oreille en révélant les qualités sonores et virtuoses de Nora Cismondi.

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TCE Noseda / Concertonet / 2 juillet 2009

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concertonet.jpg Face B
Simon Corley


Pour le dernier concert de sa saison parisienne au Théâtre des Champs-Elysées, avant de se rendre à Montpellier le 16 juillet puis à Orange début août, l’Orchestre national de France a choisi un poème symphonique de Smetana, un concerto pour piano de Liszt et une symphonie de Dvorak. Choix rassurant, avec respectivement La Moldau, bien sûr, le Premier concerto, évidemment, et la «Nouveau monde», forcément? Perdu! Car à défaut d’être très long, le programme a déserté les sentiers battus, préférant explorer ce qu’il était convenu d’appeler dans la musique de variétés la «face B» du 45 tours, sans pour autant décourager totalement le public en cette période de l’année au fort parfum de vacances – la chaleur a d’ailleurs incité les musiciens du National à tomber la veste et à ouvrir le col de chemise.

Le cycle de six poèmes symphoniques Ma Patrie a fait de Smetana l’un des maîtres du genre, mais il en avait écrit trois autres dès son séjour en Suède, après une visite à Weimar rendue à l’un des créateurs de cette forme, Franz Liszt. Le premier d’entre eux, Richard III (1858), sous-titré «Fantaisie», bien loin de cette saveur populaire typique du compositeur, s’enlise dans la pompe, l’académisme mais aussi les bizarreries harmoniques. Par comparaison, l’Ouverture de Rienzi de Wagner en paraîtrait presque légère, surtout sous la baguette intransigeante, voire raide, de Gianandrea Noseda (né en 1964), chief conductor du BBC Philharmonic (Manchester) depuis septembre 2002 et directeur musical du Théâtre Regio de Turin depuis septembre 2007.

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Toulouse / Masur / Resmusica / 26 juin 2009

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Un Beethoven très fortement incarné

Hubert Stoecklin



Ce dernier concert de la prestigieuse série des grands interprètes a créé l’événement car il s’agissait de l’un des tous derniers donné par Kurt Masur avec l’orchestre qu’il a dirigé comme chef principal de 2002 à l’an dernier. L’émotion était perceptible tant chez le chef de 82 ans que chez les musiciens de l’Orchestre National de France. Masur et Beethoven voilà un couple que les ans n’ont fait que solidifier, amalgamer en un indissociable maelström créant une force à laquelle nul ne veut ni ne peut résister. Qu’importe alors l’effectif gigantesque de l’orchestre avec huit contrebasses, qu’importe le poids d’un son plein et vigoureux. Les lectures subtilement romantiques sur instruments d’époque ne sont pas du même monde. Ici la figure patriarcale, à l’humanisme d’un Victor Hugo entraîne, plus qu’elle n’impose. C’est cela le charisme de Kurt Masur.

 

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