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Critiques
Pleyel Altinoglu / ConcertoNet / Long-Thibaud Convertir en PDF Version imprimable Email
Victoire japonaise
Simon Corley

Au lendemain de l’épreuve du récital (voir ici), celle du concerto a confirmé le haut niveau de la finale de cette édition du Concours Long-Thibaud. Si aucune personnalité hors norme ne s’est imposée, sans doute aussi parce que la prudence a été globalement de mise – jusque dans le choix des partitions, puisque le public de la Salle Pleyel n’a pu entendre que trois des huit œuvres proposées aux candidats (tant pis pour Bartok, R. Strauss ou Saint-Saëns, notamment) – chacun d’entre eux n’en a pas moins livré une prestation de premier ordre.

Dans le Quatrième (1806) de Beethoven, Antoine de Grolée confirme ses qualités: un jeu très articulé, plus délicat que profond, même si quelques attaques paraissent un peu dures, une approche d’une grande simplicité, qui prend son temps, mettant le texte en avant et donnant tout son sens au discours, à peine perturbée par un petit flottement avant la cadence du Rondo final. C’est le cinquième prix qui lui est attribué.

Nettement plus extraverti, Tae-Hyung Kim possède davantage de relief que le Français, mais il est vrai qu’il a choisi le Premier (1875) de Tchaïkovski: brillant, puissant et extérieur, techniquement aussi sûr que lors de son récital, il domine sans peine un Orchestre national de France qui s’épanche pourtant généreusement sous la baguette tapageuse d’Alain Altinoglu. Plus efficace que subtile, son interprétation offre cependant un Andantino semplice de bon aloi. Le pianiste coréen reçoit le quatrième prix.

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TCE Gatti / AFP / 19 octobre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
Le sacre parisien du maestro Gatti , bientôt à l'Orchestre national de France

Il est demandé de Vienne à New York en passant par Amsterdam et Milan, mais son avenir se joue désormais en partie à Paris: le chef italien Daniele Gatti prendra en septembre 2008 les rênes de l'Orchestre national de France (ONF), "un challenge très important" pour lui. Nommé en juillet dernier, le maestro a dirigé jeudi soir son premier concert à la tête du "National" comme directeur musical désigné de la formation symphonique de prestige de Radio France. Au programme notamment, sur le lieu même (Théâtre des Champs-Elysées à Paris) de la création tumultueuse de l'oeuvre en 1913, un "Sacre du printemps" de Stravinsky gorgé de vie et dirigé sans partition d'un geste à la fois souple, franc et précis.

Si l'on en croit l'enthousiasme dans la salle et sur scène au salut final, le public et les musiciens sont ravis du choix de Daniele Gatti , qui aura 46 ans le 6 novembre, pour succéder à l'Allemand Kurt Masur, 80 ans, en poste depuis 2002 à l'ONF. "L'unanimité s'est faite sur ce chef encore jeune et qui est déjà un grand. Il fallait le saisir vite et s'attacher ses services assez longtemps, d'où un contrat de cinq ans", explique à l'AFP le directeur de la musique à Radio France, Thierry Beauvert. "Il y a chez lui un côté instinctif et en même temps, derrière, un énorme travail de construction de l'orchestre", ajoute-t-il. Dans un entretien à l'AFP, le maestro explique son choix de se poser à Paris après douze ans d'un travail remarqué à Londres à la tête du Royal Philharmonic Orchestra.

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TCE Gatti / Le Figaro / 21 octobre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
Résultat paradoxal
Christian Merlin

Considérant que Daniele Gatti est le nouveau directeur musical désigné de l'Orchestre national de France, il est
réconfortant et prometteur de voir à quel point les musiciens et leur chef semblent heureux à l'idée de travailler ensemble: la chaleur avec laquelle ils se sont applaudis mutuellement après le concert de jeudi soir ne trompe pas. Il est vrai que le chef italien a de quoi impressionner : sa présence face à l'orchestre, la sûreté à toute épreuve de sa technique, la clarté puissante de sa gestuelle, quelque part entre Riccardo Muti et Zubin Mehta, font de lui un chef d'estrade, spectaculaire et séduisant. Capable de souplesse, notamment quand il faut suivre et précéder dans le 2e Concerto pour violon de Bartok un Laurent Korcia bien peu sûr de lui, mais aussi d'énergie, comme en témoigne un Sacre du printemps à l'arraché, sauvage et survolté. Mais...
C'est la deuxième fois que l'on fait ce même constat avec ce chef: visuellement, c'est imparable, tout est là pour un concert
mémorable, mais le résultat sonore n'est pas à la hauteur de ce qu'on voit ! D'abord parce que la mise en place, dans Stravinsky comme dans Bartok, est tout sauf impeccable, en contradiction avec la précision du geste. Ensuite, la qualité du son laisse à désirer : certes, ces musiques appellent volontiers quelque chose de rugueux, mais ce n'est pas une raison pour donner une impression de négligence dans les équilibres.

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TCE Gatti / Resmusica / 21 octobre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
Siete il benvenuto Maestro !
Maxime Kaprielian

Certains collègues critiques musicaux ont cru bon de se lamenter sur les difficultés de se rendre au concert en temps de grève. Mais pourquoi écrit-on une chronique ? pour causer du concert entendu ou des conditions de transport ? Mouvement social ou non, le TCE était pourtant comble ce soir. Comme quoi, avec un peu de bonne volonté (et un peu moins de mauvaise foi) se rendre au concert n’est pas impossible, même dans des temps sociaux troublés.

Et il y avait de quoi remuer les montagnes ce soir là pour accéder avenue Montaigne : Daniele Gatti, futur directeur musical de l’ONF, donnait son premier concert parisien de la saison. Une chose est sure, le National a bel et bien trouvé son nouveau maître. En 2002 Kurt Masur avait jugé urgent de faire travailler cet orchestre sur la qualité sonore, le jeu d’ensemble et le legato. Mission accomplie. Ce soir, Gatti nous a prouvé qu’il allait mettre en avant, après les acquis dus à son prédécesseur, les notions d’énergie et de couleur, dans un programme XXe siècle.

Ouverture périlleuse avec le Concerto pour violon n°2 de Bartók. Si le National semble de suite à l’aise, Laurent Korcia ne l’est pas. Ses attaques sont hésitantes, l’intonation franchement fausse, la sonorité trop appuyée. Cela manque de charme, de séduction dès les premières mesures. Il prend de l’aisance progressivement, mais ne sort pas d’une lecture prosaïque d’une œuvre fort complexe. Ne doutons pas de ses capacités, il a les atouts pour transcender ce concerto. Cela viendra avec le temps. En bis accordé à un public acquis d’avance, un extrait de la Sonate n°3 d’Ysaÿe (pourtant pas moins virtuose que Bartók) dans lequel il montrait bien plus d’assurance.

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TCE Gatti / Le Monde / 20 octobre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
"Sacre" haletant pour le chef Daniele Gatti
Renaud Machart

Daniele Gatti vient d'être nommé successeur de Kurt Masur au poste de directeur musical de l'Orchestre national de France (ONF). Il doit prendre ses fonctions au début de la saison 2008-2009. Un an avant cet événement, le chef italien dirigeait l'ONF, le 18 octobre, dans un programme exigeant : le Deuxième Concerto pour violon de Bartok et Le Sacre du printemps, de Stravinsky, créé en 1913 dans le même Théâtre des Champs-Elysées.

Une courte pièce de Pierre Boulez, Notations VII, était donnée, on ne sait pourquoi, après le concerto : sa texture semble avoir pour seule vie palpitante celle du plomb en fusion. Daniele Gatti a sûrement voulu montrer qu'il n'était pas insensible à son siècle, mais cette bagatelle grisailleuse (elle nécessite cependant une partition de 1 mètre carré et un changement de plateau), ne s'imposait pas.

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