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TCE Harding / Le Monde / 12 janvier 2008 |
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Brahms asphyxié par Stephen Hough
Marie-Aude Roux
L'arrivée du pianiste Stephen Hough sur une scène de concert a toujours quelque chose de remarquable. Il faut chercher le détail. Cette fois, le sobrissime Britannique arbore une jubilante note verte, celle de mocassins couleur d'élytre de scarabée. Mais la jubilation va s'arrêter là, tant le pianiste est à côté des pompes brahmsiennes. Pouvait-on imaginer un Brahms aussi full metal ? Joué en rafales de mitraillette dans le premier mouvement, le thème lyrique ligoté sur le clavier comme Mazeppa sur son cheval.
Daniel Harding, à l'orchestre, s'acharne à trouver des sonorités brumeuses, voire léthargiques, certaines fort belles d'ailleurs, mais le pianiste n'en a cure. La crispation hystérique le laisse au bord d'un Adagio hors chant, comme étrangement en allé. C'est cette magnifique faculté d'abstraction du musicien Hough qui avait précisément déchaîné notre enthousiasme lors de son dernier récital parisien à l'Auditorium du Louvre (Le Monde du 13 février 2006). Mais dans Brahms on est asphyxié. Le troisième mouvement, Rondo aux allures de toccata, fera l'apologie du cahoteux voire du chaotique. Le regret de Bach et non sa tentation.
Dommage, car le chef d'orchestre britannique, Daniel Harding, aux antipodes, a montré que ses dons de coloriste pouvaient faire merveille. Ainsi dans le rare Rouet d'or, poème symphonique de Dvorak joué en première partie, passionnant de bout en bout.
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