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TCE Masur / Cycle Beethoven / Classiquenews / 7 juillet 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
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Adieux ternes, pastorale tranquille

Pierre-Yves Lascar



Un Théâtre des Champs-Elysées bien rempli pour les adieux du Beaux-Arts Trio… à Beethoven, au monde musical, au public parisien. Cette formation a été fondée le 13 juillet 1955 et animée jusqu’à nos jours par Menahem Pressler avec une passion, un enthousiasme jamais éteints. On les retrouve intacts ce soir-là quand il arrive sur scène pour jouer avec ses complices le Triple Concerto de Beethoven, dans une interprétation un rien décevante. Du fait d’une disposition sur scène qui ne facilite pas l’écoute (Pressler devait tourner le dos à ses collègues), le jeu du pianiste semble moins lumineux, le son plus court ; le violoncelliste, Antonio Meneses, chante magnifiquement, avec tendresse mais peu de puissance ; le violoniste Daniel Hope se fond dans une performance terne et sans éclat.
Une occasion manquée donc, malheureusement guère rachetée par la Sixième Symphonie après l’entracte. Kurt Masur et l’Orchestre National de France ont offert à leur public une Pastorale bien terne, qui sans vouloir tomber dans le pastoralisme à tout rompre, restait peu évocatrice. Davantage que le tempo du premier mouvement, bien modéré, comment donner l’impression avec une matière orchestrale respirant si peu, si compacte et lourde, d’ « impressions joyeuses en arrivant à la compagne ». Cette impression de monotonie ne nous quittera pas durant la fin de la soirée, malgré de beaux moments naturellement : une belle couleur au début du second mouvement (Scène au bord du ruisseau), relativement légère, aérienne, mais qui ne se régénère cependant pas beaucoup dans la suite du mouvement. Les intentions se répètent identiquement, sans une once de variété, comme dans le dernier mouvement, pris par ailleurs dans un tempo trop lent, difficile pour les vents. Le meilleur moment fut l’Orage, bien qu’il soit resté toujours très équilibré, et même élégant. Une pastorale est-elle à ce point un long fleuve tranquille ? Dommage pour l’œuvre. « Un jour sans », comme on dit. Belle Ouverture des Créatures de Prométhée, cependant, au début du programme.

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