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Ouverture de la saison 2008/2009

Concerts >> ONF

La saison de l'Orchestre National de France au Théâtre des Champs-Elysées reprendra le 18 septembre prochain. Son nouveau directeur musical,…

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TCE Masur / Cycle Beethoven / Concertonet / 3 juillet 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
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Masur et le National se mettent en quatre
Simon Corley


Tout au long de cette saison, sa dernière en tant que directeur musical de l’Orchestre national de France, Kurt Masur a choisi des compositeurs et des œuvres qui lui tiennent particulièrement à cœur: un parti pris tout à fait compréhensible, mais qui ne favorise pas le renouvellement du répertoire, à l’image de ce marathon beethovénien entrepris depuis le 26 juin, second volet d’un cycle «Beethoven à Paris» d’une cinquantaine de concerts organisé par Radio France, dont le premier temps, consacré à la musique de chambre et aux transcriptions pour piano des Symphonies, avait pris place en mars et avril au Musée d’Orsay.

Dès son entrée en fonctions, l’ancien patron du Gewandhaus avait tenu à donner les neuf Symphonies en quatre concerts (novembre 2002). Pour son départ, il récidive, en y ajoutant les cinq Concertos pour piano, le Concerto pour violon, le Triple concerto, quelques ouvertures et la rare Bataille de Vittoria: un ensemble de huit soirées dont la durée très variable – de soixante-dix à cent minutes – tient notamment à une programmation qui respecte la chronologie des Symphonies, les quatre premières étant en outre couplées avec les ouvertures de Leonore et les Concertos pour piano qui portent le même numéro – ou comment la vertu des nombres s’unit à l’inusable modèle ouverture/concerto/symphonie.
Mais comme il n’y eut de Leonore IV que dans l’imagination débridée de Gerard Hoffnung, le Quatrième concerto et la Quatrième symphonie ne pouvaient être précédés que de l’ouverture de Fidelio (1814), effectivement la quatrième (et dernière) tentative de Beethoven comme lever de rideau pour son unique opéra: une mise en jambes hélas un peu laborieuse, à laquelle il aura manqué élan et légèreté.

Masur a souhaité confier chacun des Concertos pour piano à un soliste différent: après Katia Skanavi, David Fray et Till Fellner, avant Nelson Freire, il n’est pas surprenant que Louis Lortie ait été invité à apporter sa contribution à cette intégrale, tant il bénéficie visiblement de l’estime de l’orchestre et de son chef: dès le 19 novembre prochain au Théâtre du Châtelet, il leur sera d’ailleurs à nouveau associé dans le Premier concerto de Liszt. Face au Quatrième concerto (1806) de Beethoven, le pianiste québécois adopte une attitude modeste qui confine à une réserve excessive. Donnant de la partition une lecture très tenue, d’une grande sobriété et aux gradations soigneusement contrôlées, il s’efface volontiers devant un accompagnement subtilement ouvragé et parfois même un peu trop recherché. Il offre en bis le finale de la Vingt-sixième sonate «Les Adieux» (1810), autre image du Beethoven joyeux, mais guère plus spontanée sous des doigts.

Interrogé par Christian Wasselin dans le volumineux programme (gratuit) qui accompagne cette série de concerts, Masur affiche son intention de «ne pas donner le sentiment d’un Beethoven domestiqué». Même s’il retient la nouvelle édition publiée chez Breitkopf et Härtel et s’il respecte scrupuleusement toutes les reprises, ce n’est évidemment pas pour céder à la vogue des reconstitutions «historiques», notamment dans l’effectif orchestral: «il faut qu’il soit important pour saisir le public et ne plus le lâcher». Il offre ainsi de la Quatrième symphonie (1806), exactement contemporaine du Quatrième concerto et des premières versions de Leonore, une sorte de réhabilitation, faisant ressortir une puissance, voire une véhémence, qu’elle tient de ses deux encombrantes voisines – l’Héroïque et la Cinquième – plutôt que de la cantonner dans un pastiche haydnien.

«Un orchestre français et un chef allemand peuvent aboutir à un résultat intéressant!», s’exclame Masur. Très apprécié du public comme de ses musiciens, comme en témoigne une très longue ovation conclusive, il ne s’est pas attaché, au cours des six ans de son mandat, à modifier la sonorité du National – voire à mettre l’accent sur la qualité instrumentale – comme Janowski avait pu le faire, sur une durée nettement plus longue, avec le Philharmonique de Radio France. Est-ce nécessairement un défaut? En tout cas, il dispense transparence, clarté et énergie, sans précipitation dans les deux derniers mouvements – après tout, le finale est un Allegro ma non troppo. «Il y a toujours une pensée chez Beethoven, même quand les mots sont absents»: si cette observation peut difficilement être contestée, l’approche de Masur, sans perdre de vue la construction du discours, se caractérise moins par sa nature organique ou rhétorique que par un véritable souci de goûter l’instant présent. Carpe diem, en quelque sorte, à huit jours des «adieux» avec Paris.

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