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TCE Masur / Cycle Beethoven / Concertonet / 5 juillet 2008 |
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Pour les symphonies
Simon Corley
Parvenu à mi-chemin, le cycle Beethoven de l’Orchestre national France
au Théâtre des Champs-Elysées abandonne le principe simple qu’il avait
adopté pour ses quatre premiers concerts: une ouverture de Leonore, un concerto pour piano et une symphonie partageant tous trois le même numéro. L’Empereur attendra donc la Septième symphonie, tandis que la Cinquième est accompagnée du Concerto pour violon.
Autant de «tubes» qui, malgré le début des vacances scolaires, n’ont
pas eu de mal à faire salle comble, précédés, comme il se doit, d’une
ouverture, exactement contemporaine de ces deux œuvres, celle de Coriolan (1807), annonciatrice de l’ut mineur de la Cinquième.
Dès les accords initiaux, la lenteur du tempo lui confère un caractère
monumental, mais elle y perd indéniablement en urgence et en tension,
même si Kurt Masur maintient tout au long un climat sombre et
oppressant. Les tutti du Concerto pour violon
(1806) sont tout aussi lourds et appuyés, faisant d’autant plus
ressortir la grâce et la chaleur de la prestation de Gil Shaham. A
l’image de sa très grande mobilité à l’avant-scène, il livre une
interprétation versatile et contrastée, plus rhapsodique qu’unitaire,
se fondant dans l’orchestre pour soudain le dominer à nouveau, faisant
fluctuer le tempo et les nuances dynamiques (mais aussi parfois aussi
l’intonation) et s’abandonnant trop souvent à un maniérisme
excessivement sucré. Nul ne pourra cependant lui dénier des aigus
impeccables, des traits parfaitement articulés, mais surtout une
fougue, une générosité et une passion auxquelles, dans la grande montée
précédant la cadence de l’Allegro ma non troppo, son archet ne
résiste pas. Et c’est grâce à celui que lui tend immédiatement Sarah
Nemtanu, premier violon solo, qu’il jouera la cadence (de Kreisler),
comme si le défi venait encore décupler son énergie, puis les deux
autres mouvements: un panache auquel le public rend très longuement
hommage.
La Cinquième symphonie (1808) semble partir sur les mêmes bases que Coriolan, avec un Allegro con brio certes hargneux, mais dont les bonnes intentions sont lestées par une direction massive et une pâte sonore épaisse. L’Andante con moto, malgré une tendance à se complaire dans un legato opulent, avance mieux, mais c’est avec un Scherzo d’une belle véhémence qu’on a enfin l’impression d’aborder les choses sérieuses. Dans un geste véritablement épique, l’Allegro final concilie pompe et élan, grandeur et dynamisme. Comme deux jours plus tôt (voir ici),
c’est la symphonie qui convainc donc le plus: tant mieux, car Masur et
le National vont parcourir l’Europe avec ces symphonies dans les
semaines et les mois à venir.
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