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Cycle Beethoven
Théâtre des Champs-Elysées

26 et 28 juin 2008
2, 3, 5, 7, 9 et 12 juillet 2008


Kurt Masur

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TCE Masur / Cycle Beethoven / Resmusica / 26 juin 2008 Convertir en PDF Version imprimable Email
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L’enfance d’un chef d’œuvre

Alexandra Diaconu





L’Orchestre National de France clos la saison avec un cycle Beethoven au Théâtre des Champs Elysées, en huit temps. Six ans après l’intégrale des symphonies donnés dans ce même lieu, Kurt Masur reprend l’idée, augmentée des concertos. Unifié par la tonalité de do majeur, le concert d’ouverture a proposé quelques premiers opus du compositeur avec, au piano, Katia Skanavi.

L’ouverture Léonore I (1806-07) est une découverte posthume, longtemps considérée comme une première ouverture abandonnée. Une interprétation juste a néanmoins peu soigné les détails et, la charge monumentale du cycle a semblé peser sur l’orchestre, révélant un jeu ordonné mais un peu mécanique.
Le Concerto pour piano n°1 (achevé en 1798) a accueilli la soliste Katia Skanavi, lauréate des concours Van Cliburn, Maria Callas et Long- Thibaut dès ses plus jeunes années. Favorisée par la rigueur et la réceptivité de l’accompagnement, sa vision de l’œuvre n’a pas exclu l’adaptation de sa technique. Avec une articulation mordante, parfois trop acérée dans les nuances, la pianiste s’est rapprochée du piano-forte. Une technique qui, dans les traits rapides a fait son effet mais dans les passages cantabile a limité le phrasé. D’un tempérament électrique et appliqué, la pianiste s’est distinguée dans les cadences par un sens de la construction et de la liberté métrique, et dans le dernier mouvement, par son ardeur.

Comme un exercice de style, avec la Symphonie n°1 (1800), Beethoven montre sa maîtrise des cadres classiques et se hisse au niveau de ses contemporains. L’orchestre et le chef semblent être ici dans leur élément : parfaite maîtrise des contrastes abrupts, subtilité de filiation perçue dans la deuxième partie (Haydn) par la clarté, la rigueur et la solennité qui en émanent et précision des dialogues mouvants dans le Menuetto. Dans le dernier mouvement, léger et spirituel, si la cohésion de l’orchestre est à son maximum, il vient à manquer des mélodies plus libres et plus chantées (premiers violons). Mais cette énergie, habilement dirigée, ainsi que le respect assidu des nuances font de lui une totale réussite.

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