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TCE Mikko Franck / ConcertoNet / 6 décembre 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
Lendemains qui chantent?
Simon Corley

Passé en août 2006 de la direction musicale de l’Orchestre national de Belgique à celle de l’Orchestre national de Finlande, Mikko Franck demeure toujours aussi populaire auprès des orchestres de Radio France: avec le Philhar’ (voir, en dernier lieu, ici) comme avec le National, le jeune Finlandais – il fêtera ses vingt-neuf ans le mois prochain – suscite visiblement une unanimité que fort peu de chefs, même plus chevronnés, recueillent auprès des formations de la capitale. Et s’il continue de diriger assis, il paraît en meilleure forme que jamais, se levant souvent – devant l’estrade – pour encourager les musiciens et usant d’une gestique toujours aussi dynamique et mobile.

Le programme débute par deux œuvres relativement négligées de Chostakovitch. La Neuvième symphonie (1945) donne l’impression de tarder à prendre son envol, avec un Allegro qui ne force pas sur l’ironie et un Moderato un peu sur la réserve. Mais les choses sérieuses commencent avec un Presto dont l’implacable noirceur semble annoncer le terrible Scherzo de la Dixième. Point de hiatus, dès lors, avec le sombre Largo, que n’éclaircit pas un Final plus sinistre que grotesque.

Avec le même orchestre, mais sous la direction de Kurt Masur (voir ici), Sergey Khachatryan a enregistré les deux Concertos de Chostakovitch. Curieusement, tant pour le violon que pour le violoncelle ou le piano, l’immense succès du Premier concerto a fait de l’ombre au Second, qui, bien que de coupe plus classique, semble moins immédiatement brillant et séduisant. C’est ainsi le cas du difficile et parfois énigmatique Second concerto pour violon (1967), marqué par la sèche scansion du tom-tom et les cadences erratiques du soliste, mais que le jeune Arménien, du haut de ses vingt-deux ans, fait triompher, alternant pureté et rugosité de l’archet, violence et dépouillement de l’expression. Il donne en bis une Troisième sonate (1923) d’Ysaÿe assez atypique, instinctive, jouant sur les extrêmes mais abusant peut-être des effets alla zingarese.

Comme la Neuvième de Chostakovitch, la Cinquième (1919) de Sibelius suit immédiatement une Guerre mondiale. Autres points communs: le rôle crucial du basson dans les transitions et la tonalité de mi bémol. Mais elle ouvre ici, à la différence des ambiguïtés et des angoisses du compositeur russe, sur des lendemains qui chantent. Et ils chantent d’autant plus que Mikko Franck en souligne au moins autant le caractère pastoral qu’héroïque, avec une finesse qui n’exclut pas quelques moments de grande puissance: une force tranquille, sans doute moins minérale et monolithique qu’à l’ordinaire et – sans vouloir comparer à tout prix la prestation d’une formation en tournée sous la baguette de son directeur musical avec la prestation d’un chef invité – aux antipodes de la vision très personnelle qu’en donnait voici tout juste un mois son compatriote Esa-Pekka Salonen (voir ici). Mais cette diversité d’approches est bien celle qu’autorisent des chefs-d’œuvre tels que cette Cinquième.
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