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War Requiem / Resmusica / 7 juillet 2007 Convertir en PDF Version imprimable Email
Requiem pour une acoustique
Maxime Kaprielian

« J’espère que cela fera réfléchir un peu les gens ». Au lendemain de la création triomphale le 30 mai 1962 de son War Requiem, Benjamin Britten était loin de se douter que son œuvre magistrale n’influencerait en rien le destin de la planète. Les déchirants poèmes de Wilfried Owen mêlés au texte de la messe des morts n’ont su toucher que les pacifistes convaincus. Las, le message de paix du compositeur britannique ne risquait pas d’être communiqué dans l’acoustique virevoltante de la Basilique des Rois de France. Les limites de ces lieux pour les grands concerts symphoniques ont été plus d’une fois prouvés, mais qu’importe. Le subtil contrepoint rythmique de Britten s’efface sous des secondes de réverbération qui semblent des heures, les fanfares tonitruantes du Dies Irae ou du Sanctus écrasent le reste de l’orchestre, les cordes n’ont aucune projection, le chœur relégué au loin est sur un second plan sonore… Britten, s’il écrivit dans la finesse, convoque de grands effectifs : deux chœurs (dont un d’enfants), trois solistes, orgue et deux orchestres (de chambre et symphonique). A Saint-Denis cela devient un vaste maelström, d’où seuls émergent les solistes, l’orchestre de chambre et le chœur d’enfants, souvent traités à découvert, et donc audibles. La battue imprécise de Kurt Masur ne vient pas améliorer les évènements, les décalages entre le chœur et l’orchestre symphonique sont légion. Les mesures irrationnelles de l’œuvre (7/4, 15/8, …) ne conviennent ni au vieux maestro, ni au lieu.
De ce mélange sonore ressortent les deux chanteurs masculins. Loin de la tessiture élevée de Peter Pears, créateur du War Requiem, Paul Groves aborde la partition de manière bien plus dramatique un peu à la manière de Jon Vickers. Hanno Müller-Brachmann reprend dignement la partie créée en son temps par Dietrich Fischer-Dieskau malgré quelques aigus tirés. Accompagnés par la direction quelque peu froide mais efficace de Fabien Gabel à la tête de l’orchestre de chambre ils offrent de véritables moments de grâce, surtout dans le duo éthéré « So Abraham rose » intercalé au milieu de l’Offertorium. La Maîtrise de Radio-France reste toujours égale à elle-même et mérite amplement son lot final d’applaudissements. Olga Guriakova, malgré un vibrato insistant, domine le chœur et l’orchestre symphonique dans lesquels elle est mêlée.

Malgré ces quelques moments d’émotion pure, nous sommes loin de la lecture électrisante de Yutaka Sado à la tête des mêmes ensembles dans les mêmes lieux en 1999. Après un Pelléas d’anthologie , l’Orchestre National de France termine tristement sa saison.
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Commentaires (1)
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1. 04-11-2007 20:24
bonjour 
 
en quoi wilfried Owen peut-il être qualifié de \"pacifiste\"?????
Ecrit par BAYER (Visiteur)

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