Une enceinte active Guitar Sound Systems sur mesure

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frazi
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Une enceinte active Guitar Sound Systems sur mesure

Message par frazi »

Voici le dernier volet de ma longue quête entamée en 2023 avec le sujet Amplification et enregistrement live de la contrebasse au sein d'une petite formation jazz (dans un petit lieu, répétition, petite scène, etc.)

Après avoir résolu, me semble-t-il, la question de l’enregistrement au sein de ce sujet, puis donné un aperçu du résultat avec les enregistrements du trio de David Patrois et du trio Made In Voyage, je me suis attaqué à celle de l’amplification.

Dans le sujet Pré-amplification : Pré-amplification : pourquoi pas des modules série 500 dans une lunchbox ?
J’explique les raisons, l’intérêt et comment constituer un préampli à base de module 500 initialement destinés au traitement du signal dans les tables de mixage professionnelles.

Il me restait à trouver une bonne enceinte active capable de diffuser ce signal de qualité dès 40 Hz pour un poids limité à 15 kg.

Si l’objectif n’a pas pu être atteint dans sa totalité pour ce qui est du poids, je suis fier de vous présenter ma dernière acquisition : une enceinte active Guitar Sound Systems sur mesure qui vient compléter très avantageusement ma chaine d'amplification pour contrebasse acoustique.
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Mais avant de décrire en détail les qualités de cette enceinte, il me parait nécessaire de revenir sur le cheminement qui m’a conduit à faire ce choix afin de venir en aide à ceux qui s’interrogent à propos de l’amplification.

Je ne compte plus le nombre de bubuses prometteuses sensées produire "juste le son de la contrebasse amplifiée" pour lesquelles je me suis abusivement laissé tenter. Du capteur au câble miraculeux …, du pré-ampli au combo. Tous les contrebassistes un tant soit peu soucieux de leur son amplifié ont en principe perdu pas mal de temps d'argent à la recherche de ce graal sans jamais vraiment obtenir satisfaction.

Alors je ne prétendrais pas à mon tour avoir accompli ce miracle.
Donc, non, cette enceinte ne produira pas "juste le son de votre contrebasse amplifiée". Pas même l'ensemble de ma chaine d'amplification imaginée à partir des modules 500 qui constituent mon pré-ampli.

D'après moi, aucun système ne saurait le faire. Comparativement aux autres instruments d’un orchestre de « jazz », la contrebasse émet un son relativement faible à partir d'une caisse de résonance relativement démesurée par rapport à la taille du capteur de proximité sensé la saisir dans sa totalité.

Dans le contexte d'une amplification autonome, pour une répétition ou sur une petite scène, l'utilisation d'un micro suffisamment distant et sensible pour parvenir à saisir une contrebasse dans son ensemble conduit immanquablement à la capture des instruments environnants, ce qui n'est jamais bon acoustiquement parlant, et à la capture de sa propre amplification, ce qui fait courir le risque de devoir subir un effet Larsen.

Dès lors, trois solutions technologiques s'offrent aux contrebassistes pour contourner ce problème. L'emploi d'une cellule piézoélectrique, d'une cellule électret de contact ou d'un micro de proximité type DPA 4099.

Bien qu'insensible à l'effet Larsen, la cellule piézoélectrique est probablement le plus mauvais de ces 3 capteurs. Malheureusement à l'origine des pires enregistrements de contrebasse produits dans les années 80/90 durant lesquelles elle était très en vogue, y compris dans les studios d'enregistrement ..., elle est encore très majoritairement employée aujourd'hui pour l'amplification et produit le plus souvent le son d'un instrument électrique qui n'a rien à voir avec celui de la contrebasse acoustique.

L'électret, ou « micro de contact », nécessite quant à lui une alimentation fantôme spécifique, de l'ordre d'une dizaine de volts, et nécessite donc un préamplificateur spécifique qui fait souvent double emploi avec celui d'un système amplificateur du commerce combinant déjà un pré-ampli avec un ampli de puissance et une enceinte de diffusion (système tout en un appelé "combo"). Solution peu élégante donc et dont le saut qualitatif en termes de son reste très modeste par rapport à ce qu'on obtient avec une simple cellule piézo.

Le micro de proximité type DPA 4099 nécessite lui aussi une alimentation fantôme, de 48 V cette fois, plus courante certes, mais tout aussi rare sur les combos du commerce. Propice à l'effet de proximité qui tend à exagérer les basses fréquences, il est pratiquement aussi sensible à la capture des instruments environnant et au Larsen qu'un micro à distance.

Aucune de ces trois solutions n’est donc réellement satisfaisante.

En désespoir de cause, certains en viennent à associer un piézo avec un micro de proximité. Le micro de proximité étant sensé apporter le timbre de l'instrument qui manque au piézo, mais avec un volume de sortie moindre pour éviter le Larsen, alors que le piézo est sensé compenser le volume manquant en apportant du gras sans risque de Larsen. Une solution là encore complexe, peu élégante, nécessitant un préampli permettant de mixer les deux signaux, et finalement sans grand intérêt car, au bout du compte, c'est toujours le piézo qui l'emporte dès qu'on est amené à pousser le volume de l'ensemble.

C'est d'ailleurs là, dans le volume de l’amplification, que se situe réellement le nœud du problème.

Le premier principe à respecter selon moi pour amplifier une contrebasse est qu'en petite formation acoustique, dans un petit lieu, en répétition ou sur une petite scène, même en présence de soufflants et d'un batteur, il ne devrait pas être nécessaire de pousser l'amplification au point que le son acoustique de la contrebasse soit complètement couvert par celui de son amplification. Si tel est le cas, le contrebassiste devrait penser à changer de partenaires …

L'amplification ne doit constituer qu'un soutien pour la contrebasse et le peu que l'on perçoit du son acoustique de l'instrument doit suffire à apporter le timbre qui fait défaut au piézo. Dès lors, un bon piézo, pour autant qu'il puisse être bon ..., constitue certainement, jusqu’à présent, le meilleur capteur qui soit à employer, seul, dans ce contexte.

Le deuxième principe est que pour que ce complément acoustique soit efficient il faut un instrument de bonne qualité. C'est dur à dire et à entendre, à se l’avouer aussi, mais on ne peut pas obtenir un bon son amplifié avec un mauvais instrument acoustique ...

Partant de là, pour assurer un signal de bonne qualité, il est impératif de charger le piézo avec une forte impédance (idéalement 10M Ohm). Là encore, en dehors de quelques rares pré-amplis spécifiques, pratiquement aucun combo du commerce n'offre une telle impédance d'entrée. Pour éviter à nouveau l'emploi d’un pré-ampli externe redondant avec celui du combo afin de palier à cette absence, autant utiliser une boite de direct (DI) offrant une telle entrée, comme l’excellent Radial PZ-DI par exemple. Ce boitier peut paraitre onéreux pour n’assurer que cette fonction d’adaptation d’impédance, mais en réalité ça revient au même prix qu’un pré-ampli externe qui s'en chargerait, mais moins proprement en raison de tout le fatras électronique qu’il embarque avec lui …
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Il faut à présent trouver un pré-ampli capable de délivrer à l'entrée une alimentation fantôme de 48 V nécessaire au boitier DI. Mais ce n'est pas tout. Aucun pré-ampli externe ou combo du commerce, y compris dédié aux basses et aux contrebasses, ne dispose d'outils d'égalisation suffisamment pertinent et souple pour pouvoir opérer avec précision sur l'ensemble du spectre des fréquences utiles à la contrebasse comme on pourrait le faire en studio. Ça peut paraitre dingue, mais c’est la réalité du commerce « grand public ».

Alors pourquoi ne pas en constituer un soi-même, à l'aide d'un boitier standard prévu à cet effet, permettant d’assembler et d’alimenter simultanément un ensemble de modules « 500 » (pré-ampli, équaliseur paramétrique, compresseur, etc., voir plus haut le sujet cité en référence).

Dès lors, il ne restait plus qu'à trouver un ampli de puissance et une enceinte de diffusion. D'où l'idée d'avoir recours à une enceinte active pour instrument acoustique, c'est à dire "Full Range Flat Response" (FRFR), et dont la bande passante démarrerait réellement à 40 Hz (vraiment à -3dB) pour assurer un vrai E0 plein et entier, contrairement aux combos du commerce pour basses et contrebasses qui démarrent à 60 ou 80 Hz dans le meilleur des cas, laissant à notre cerveau le soin de reconstituer les fréquences inférieures à partir de leurs harmoniques (ça aussi c’est dingue, mais bon, y en a bien qui paient plus de 1000 € pour percevoir au loin Céline Dion chanter dans un auto-tune …, pardon je m’égards, mais ça m’énerve …).

J'ai choisi de confier la fabrication de cette enceinte idoine à Guitar Sound Systems, un petit artisan toulousain spécialisé dans la fabrication de systèmes d'amplification pour instrument et mue par sa passion pour la musique et le travail bien fait.

Résultat : une enceinte active basse reflex sur mesure équipée d'un woofer 12", d'un medium de 6,5", d'une chambre de compression de 1" et d’un ampli de puissance de 300 W RMS, le tout pesant 25 kg, au lieu des 15 kg souhaités au départ il est vrai, mais pour descendre à 40 Hz, les lois de la physique imposent un dimensionnement minimum et donc un poids minimum.
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J’ai pensé un temps me diriger plutôt vers une enceinte italienne ultra légères en fibre de carbone de GRGuitar, mais s’en être parvenue à avoir la certitude qu’elle descende rellement à 40 Hz, j’ai préféré faire confiance à GSS. L’idéale aurait été d’avoir une GSS en fibre de carbone, on peut toujours rêver …

Car pour ce qui est du son, l'amélioration obtenue avec l'enceinte GSS est indiscutable par rapport au son obtenu dans les mêmes conditions à partir de ma lunchbox directement connectée à l'ampli de puissance du combo AER Basic Performer utilisé jusqu'à présent (combo qui est pourtant une référence pour l'amplification des contrebasses acoustiques …)

C'est particulièrement vrai pour ce qui concerne les basses fréquences. Au lieu des basses boueuses obtenues avec l'AER qu'il convient d'éclaircir comme on peut autour de 100 Hz, les basses de l'enceinte GSS sont nettes et sans bavures (tendues comme on dit chez les audiophiles).

Deux légères correction précise à 80 Hz et 300Hz à l’aide de la lunchbox et un léger plateau à la baisse au-dessus de 3 kHz suffisent à retrouver un son relativement proche de la contrebasse acoustique, pour autant que le piézo puisse y contribuer, c’est-à-dire, avec des basses claires et non « électriques ».

Le compresseur de la lunchbox s'avère également très utile pour limiter efficacement les dynamiques excessives dans les basses fréquences, celles de la corde D à vide par exemple.

Petite astuce à connaitre au sujet du compresseur si vous empruntez le même chemin que moi. L'ordre des composants de la lunchbox dans la chaine d'amplification peut avoir son importance.

Initialement le compresseur de la lunchbox était placé en bout de chaine, à l'aval de l'EQ. A mon grand étonnement, bien que caractérisé par un bruit, à gain unitaire, de -95 dB sur la totalité de sa bande passante, le compresseur émettait un bruit blanc électronique relativement important, favorisé par l'efficacité de la chambre de compression de l'enceinte je suppose, car ce bruit n’apparaissait pas sur le combo AER.

Pour pallier à ce défaut j'étais contraint de limiter le gain à l'entrée de l'enceinte et par la même sa puissance disponible dans des proportions relativement importantes. En revanche il n'y avait aucun bruit électronique à la sortie de l'EQ, et ce, quel que soit les gains des différents composants. J'ai alors eu l'idée de permuter les 2 modules en plaçant l'EQ en bout de chaine, à l'aval du compresseur, en me disant que, comme je devais de toute façon abaisser les fréquences au-dessus de 2 kHz pour supprimer l'agressivité électrique du piézo, cela m'aiderait par la même occasion à diminuer le bruit du compresseur et m'autoriserait donc à relever le gain à l'entrée de l'enceinte.

Et là, miracle. Une fois la manip effectuée, alors que j'imaginais devoir encore traiter le bruit du compresseur au moyen de l'EQ, quel que soit l’étagement des gains, plus aucun bruit n'apparaissait.

En fait, l'explication est que (merci Chatgpt ...) l'EQ commence en interne par ramener le signal d'entré au niveau "line", ce qui a pour effet de supprimer les bruits provenant de l'amont. Au final, en l'absence de signal, l'enceinte fonctionne à plein régime de façon parfaitement silencieuse quel que soit le "gain staging". Tous les potards à fond, plus aucun souffle !!

Cette permutation a également eu une influence sur le caractère du son. Le compresseur pouvant à présent jouer pleinement son rôle, le son est plus nourri et chaleureux. Je peux à présent bénéficier d’une légère saturation type lampe grâce au gain d’entré du préampli Golden Age qui offre cette possibilité. Le compresseur apporte un complément d’énergie, une présence, mais également du détail et un « grain » qui s’apparente pratiquement à un son acoustique même à volume relativement soutenu. Le son est à la fois puissant, chaleureux, et clair. Ni boomi, ni boueux, ni lisse. Ce n'est pas "juste le son amplifié de la contrebasse", mais on est plus proche du son de la contrebasse que du son électrique du piézo.

L'enceinte est précise, tout autant que les composants de la lunchbox, ce qui la rend réellement sensible aux différents réglages de la pré-amplification. À titre d'exemple, c'est la première fois que j'entends significativement une différence en inversant la phase du signal ce qui permet, en raison de cette précision je suppose, d’interagir concrètement avec les ondes stationnaires de la pièce. Je n’avais encore jamais perçu un tel phénomène.

C'est sans conteste ce que j'ai obtenu de mieux jusque-là. C'est même plaisant à entendre du point de vu du contrebassiste qui, placé à l'arrière de son instrument, occupe certainement la plus mauvaise place pour juger et profité de la qualité de son son. Un tel plaisir est suffisamment rare pour être souligné.

Alors bien sur l'ensemble de cette chaine amplificatrice à un coût. Mais si on comptabilise ce qu'a couté l'ensemble des cochonneries pour lesquels on s'est laissé tenter tout au long de son expérience de contrebassiste, pour peu qu’elle ait été longue, il y a largement de quoi s'offrir ce système ... et, en s’y prenant bien, avec des modules 500 d’occasion ou d’entrée de gamme comme chez Midas par exemple (déjà du très haut de gamme par rapport à nos pré-amplis habituels) ça reste moins cher qu'un AER Basic Perfomer neuf qui, pour le même poids, fait forcément moins bien ...

Enfin, pour ce qui est du poids justement, bien qu’il soit identique à celui de l’AER, du haut de ses 75 cm, la poignée supérieure de l'enceinte GSS est placée à bonne hauteur pour pouvoir déplacée l’enceinte sans avoir à la soulever de façon importante, contrairement à l'AER qui est beaucoup moins haut et nécessite un plus gros effort pour se redresser. De plus les 2 poignées latérales facilitent le transport à deux, ce qui demande 2 fois moins d'effort.
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La question du poids devient donc tout à fait secondaire (encore à 67 ans …) par rapport au saut qualitatif obtenu en matière de son.

Enfin, cerise sur le gâteau, je trouve cette enceinte, aux finitions impeccables, très esthétique avec sa face avant en bois naturel qui apporte un joli contraste avec les autres surfaces de couleur noire, pas vous ?
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Vous ne pouvez pas consulter les pièces jointes insérées à ce message.
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Re: Une enceinte active Guitar Sound Systems sur mesure

Message par Bdumbdum »

Super .... merci Frazy .... combien t'a couté l'enceinte GSS seule ? .. en fait , pourrais tu chiffré chaque élément ?
"La musique, c'est du bruit qui pense."
Victor Hugo

"..les chiens en bois , et la contre-basse..."
:eh:
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Re: Une enceinte active Guitar Sound Systems sur mesure

Message par frazi »

Chez Thomann, la lunchbox au complet (le châssis L6, le préampli 503, l'EQ 512 et le compresseur 522) + la DI radial, il y en a pour 986 €TTC

Il semble qu'il y ai un problème d'approvisionnement pour le pré-ampli 502, raison pour laquelle je m'étais tourné vers Le Bon Coin pour le pré-ampli Golden Age qui était vendu avec le châssis L6. J'en avais eu en tout pour 1024 €

Pour l'enceinte active, housse et transport compris 1600 €

soit 2624 € pour la chaine d'amplification complète hors piézo

À titre indicatif, un AER Basic Performer 2 neuf coûte coûte 2499 € (je l'avais vu à plus de 2600 mais apparemment ils sont en promo). En revanche je ne suis pas sûr qu'il y ait la haute impédance dessus, et un pré-ampli Grace Design Alix neuf, pour rester dans le haut de gamme, coute 950 € (le Felix 2 est à 1565 €), mais sans compresseur.

Donc c'est cher, mais ça reste dans les prix du marcher tout en étant nettement plus performant (bande passante, EQ, compression, HZ, etc. )
De la musique avant toute chose, mais pas plus amplifiée que nécessaire
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