Page 1 sur 1

Rapa Nui

Publié : 28 sept. 2026, 14:08
par frazi
Je suis heureux et fier de partager ici un extrait du programme 2026 de l’Orchestre Symphonique Alphonse Daudet, auquel j’ai eu la chance de participer comme contrebassiste, mais aussi comme preneur de son et vidéaste.

Cet orchestre réunit des musiciens amateurs et professionnels, avec cette belle volonté commune de faire vivre un répertoire exigeant et parfois surprenant.

Il s'agit ici du 3° mouvement d'un concerto pour clarinette, "Rapa Nui", oeuvre du compositeur contemporain Benoît Dantin qui nous a gratifier de sa présence et de ces indications au cours de 2 répétitions.

Cette œuvre est foisonnante et ardue pour qui n’est pas habitué à ce genre de répertoire. Mais plus on la pratique, plus on l’écoute, plus elle nous paraît intéressante, impressionnante… et passionnante.

La prise de son a été effectué à l'aide d'un arbre DECCA équipé de 2 micros NT2a et d'un AKG C4000, complété cette fois de 2 micros NT2 cardioïdes de part et d'autre de l'arbre DACCA appelé "outriggers". L'apport de ces 2 micros complémentaires est considérable par rapport à ma précédente expérience ou je ne disposais que du seul arbre DECCA. Dans ce contexte de prise stéréophonique à distance, sans micro d'appoint, les outriggers apportent du détail, notamment du coté des contrebasses en nombre insuffisant pour cet orchestre.

Benoît Dantin s'est pris de passion pour les iles polynésiennes et en particulier pour l'ile de Pâques autrement appelée Rapa Nui dans la langue locale.

Ce 3° mouvement relate le rituel de Tangata Manu, l'Homme Oiseau.
"Le Tangata manu est, pour un an, l’arbitre des conflits entre clans (iwi) sur l’île de Pâques. À ce titre, il est « neutre » et sacré. Pour devenir Tangata manu, le Hopu (représentant de chaque clan) doit plonger dans l’océan à partir de la falaise d’Orongo, nager à l’aide d’une gerbe de totora jusqu’à l’îlot rocheux inhabité de Motu Nui (« grand rocher »), s’y poster et attendre la ponte du premier œuf de la saison de sterne Manutara, le recueillir, nager à nouveau vers l’île de Pâques et gravir la falaise de Rano Kau pour le ramener à l’ariki nui (« grand guerrier » : le « roi » de l’île).

Le film Rapa Nui (1994) retrace cette tradition mais la représente comme une violente compétition où l’on doit gagner contre les autres et où le côté sacré est complètement ignoré. En fait, chaque nageur se postait devant un nid, et selon la mythologie pascuane c’est le dieu Make-make qui désignait le Tangata manu de l’année au moyen du premier couple de sternes à pondre. Cet unique œuf recueilli, tout le monde rentrait indemne. En outre, dans le film, le vainqueur fait du chef de son clan l’ariki nui, alors que cette dignité était héréditaire au sein de la lignée Miru, descendant, selon la tradition orale, du fils aîné de Hotu Matu'a, le découvreur légendaire de l’île.

Le dernier rituel du Tangata manu s’est tenu le 22 décembre 1866 en présence du missionnaire Picpucien français Eugène Eyraud qui a fortement contribué à éradiquer les croyances indigènes au profit du christianisme." (Wikipédia)

Ce mouvement évoque, selon la version du documentaire de 1994, les préparatifs de la compétition, la traversée à la nage jusqu’à l’îlot rocheux, la capture de l’œuf, le retour à la nage sur l’île de Pâques, l’ascension de la falaise et enfin l’arrivée du vainqueur, porteur de l’œuf intact.