L'occasion aussi de progresser en matière de prise de son et de mixage.
Pour ce qui est de la prise de son, j'utilise toujours le configuration Glyn Johns à laquelle j'ai ajouté un micro à la caisse claire pour avoir un peu plus de détail aux ballets notamment.
Coté CB, j'ai bien tenté un micro statique à 30 cm de la table, intéressant, mais beaucoup trop proche des cymbales pour pouvoir être exploité au mixage par la suite. Je suis donc condamné à utiliser le DPA dans cette configuration exiguë. J'aurais bien tenté un micro dynamique à la lecture des récents posts que j'ai pu parcourir à ce sujet, mais c'est beaucoup plus encombrant et de ce fait moins commode dans un si petit espace et je n'ai pas envie d’embarrasser les musiciens avec ça. Si je compare avec ce qu'on peut trouver sur Youtube dans le même contexte (TSF Jazz, Emmet Cohen Place, NPR Tiny Desk Concert, etc.) je trouve que ce n'est pas si mal avec le DPA.
Coté mixage, je commence par créer un bus stéréo pour chaque instrument où je regroupe leur différentes pistes (ici 2 pour le piano, 4 pour la batterie). Appelons les "bus instrumentaux principaux". C'est au sein de ces bus que je règle pour chaque instrument les questions liées à leurs équilibres dynamiques respectifs (filtrage, égalisation, compression servant essentiellement à limiter les niveaux excessifs à ce stade). À chacun de ces bus instrumentaux principaux, j'associe un bus auxiliaire pour effectuer une compression parallèle destinée cette fois à relever les seuils inférieurs. Cela permet de donner une meilleur présence et une meilleur définition aux instruments, de les rapprocher à l'avant de la scène et en cela contribue en partie à masquer l'acoustique de la pièce. Le fait que ce traitement soit effectué en parallèle au sein d'un bus auxiliaire permet de moduler ces effets sans tout remettre en cause.
À la suite de quoi, les deux bus (le principal et l’auxiliaire) de chaque instrument sont adressés à un bus global qui leur est propre. C'est à l'aide de ces bus globaux que je règle au final le panoramique et le niveau de chaque instrument.
La réverbe est réglée de façon totalement indépendante de ce qui précède. À l'issue de leurs traitements dynamiques, chaque bus principal alimente un bus auxiliaire pour un traitement de la réverbe en parallèle. Une fois la réverbe mise au point, cette façon de faire permet là encore de moduler son effet indépendamment du reste. On peut multiplié les bus auxiliaires pour un traitement différencié de la réverbe en fonction des instruments, ou n'avoir qu'un bus auxiliaire commun pour la réverbe.
Enfin tous les bus instrumentaux finaux et leur réverbe sont regroupés sein d'un bus "master" qui peut lui aussi être associé à des bus auxiliaires pour une compression ou une réverbe global supplémentaire.
Bien évidement ces étapes ne s’enchaînent pas simplement les unes aux autres de façon linéaire. Leurs ajustements nécessitent de très nombreux allés-retours, des séances courtes pour ne pas fatiguer les oreilles et de longues interruptions pour se déshabituer et être de nouveau capable d'entendre ce qu'il faut corriger. Rappelons qu'il s'agit d'un enregistrement live avec pas mal de repisse et que la moindre retouche sur un instrument donné peut avoir un effet sur les autres instruments.
Dernier point concernant la réverbe. Il est important de travailler avec des plugins disposant de tous les paramètres nécessaires pour obtenir une bonne réverbe. Il est impératif de pouvoir maîtriser le filtrage des basses fréquences pour conserver la clarté du message, le délais à respecter après chaque impulsion pour distinguer les attaques de chaque note, la différentiation entre les retours proches qui privilégient le bas médium et les retours lointains qui privilégient les aiguës, etc. Ça fait toute la différence entre un mauvaise réverbe disposée en série et un bonne réverbe en parallèle ... je vous recommande à ce propos les réverbes Dragonfly qui sont gratuites.
Tout dernier point, sauf absolue nécessité, je ne touche pas au mixage à l'aide de l'automation en fonction des différents passages. J’essaie de trouver le bon équilibre entre les fortes et les pianos, le bon compromis pour que l'on puisse distinguer au mieux tous les instruments en toutes circonstances. Il peut donc parfois y avoir de petits déséquilibres par-ci par-là qu'un ingé son s'empresserait de corriger, malheureusement au détriment des nuances bien souvent voulues par les musiciens professionnels. Bon, ce qui n'est pas le cas ici, car nous ne sommes que de modestes amateurs ..., mais dans amateur il y a amour, et dans amour il y a sincérité, donc rien que pour ça je ne touche pas à l'automation non plus.


